#AzayRenaissance : c'est quoi ce chantier?

Château d'Azay-le-Rideau

Après la restauration du parc en 2014, c’est au tour du château d’être engagé dans un vaste chantier de restauration de 2015 à 2017. Les travaux portent sur les charpentes, l'ensemble des couvertures, les parties hautes des maçonneries, les façades,  la sculpture et les menuiseries.

Une opération de remeublement des salles du rez-de-chaussée est également lancée en partenariat avec le Mobilier National. Le salon Biencourt, du nom de la famille propriétaire du château à partir 1791, a été restitué tel qu’il était au XIXe siècle.

Dans le cadre de cette campagne de restauration exceptionnelle, le château d’Azay-le-Rideau reste ouvert au public. Le Centre des monuments nationaux y présente l’exposition « C’est quoi ce chantier ? Les coulisses d’une renaissance » de juillet 2015 à mai 2017.

Venez découvrir les coulisses du chantier et les différents corps de métier en action !

Historique des restaurations
Le château d’Azay-le-Rideau n’en est pas à sa première restauration au XXe siècle ! Quand l’Etat acquière le château en 1905, les parties hautes sont dans un état de délabrement saisissant. Les pièces de l’aile Ouest sont rénovées en 1907. Les restaurations se poursuivent tout au long du XXe siècle.

La bâche trompe-l'oeil devant l'escalier d'honneur, 2015

1945 : Restauration du versant Ouest du château par l'Architecte en Chef des Monuments
Historiques, Bernard Vitry
1950 : Remise en état de l'escalier de la tourelle Nord-Ouest et d'une lucarne à l'Est
1985 : Restauration de la couverture de la tourelle Sud-Est
1996-1998 : Réfection de l'ensemble des menuiseries – portes et fenêtres - en réintégrant certains panneaux de vitraux anciens
2002 : Restauration de l’escalier d’honneur
2011 : Restauration des combles de l'aile Ouest avec une ouverture au public
2014 : Restauration du parc
2015-2017 : Restauration des couvertures, des menuiseries extérieures et des façades du château
2016-2017 : Remeublement des appartements Biencourt au rez-de-chaussée

Vues d'ensemble du chantier
Ce chantier de grande ampleur est destiné à redonner tout son éclat à ce château remarquable du Val de Loire dont la construction a commencé en 1516. La couverture en ardoise est reprise entièrement et la charpente datant du début du XVIe siècle est remise en état. Une partie du chantier consiste à consolider le décor exceptionnel des plaques de plomb polychrome de la crête du toit qui datent du XVIe siècle afin d’assurer l’étanchéité du faîtage. Les gouttières sont également remplacées. Les façades ne sont pas en reste puisque leur décor sculpté est restauré à partir de la collection lapidaire qui est un véritable témoin matériel. Quant aux menuiseries, elles nécessitent d’être remises en jeux et repeintes.

Découverte du chantier de restauration du château d'Azay-le-Rideau et des métiers liés à cette activité. Vidéo réalisée par le magazine Paris Match.

Les chiffres du chantier :

Hauteur de l'échafaudage : 28.5 m
Chêne neuf pour la charpente : 35 m3
Couverture neuve : 1838 m2
Faîtage en plomb neuf : 99 ml
Poids d'ardoise : 75 tonnes
Épis de faîtage restaurés : 8

Vue du château et du parapluie, façade Est, 2015

Le positionnement du château au pied de l’eau a rendu complexe l’installation de l’échafaudage et du parapluie recouvrant le chantier.

Vue de l'observatoire, 2015.

Pendant toute la durée des travaux, le chantier est accessible au public grâce à un observatoire sous la charpente qui offre un accès à la zone de chantier.

Une chauve-souris de l'espèce des grands murins, combles du château

Le saviez-vous ? Les combles du château abritent une colonie importante de grands murins, une espèce rare de chauve-souris. Des mesures ont été prises pour protéger les chauves-souris pendant le chantier. Trois gîtes de substitution ont été installés dans l’aile Sud du château, un aménagement a été conçu pour favoriser leur circulation et l’éclairage nocturne a été adapté.

La charpente
La charpente du château est une remarquable construction du XVIe siècle. Ce véritable vaisseau en chêne a été bâti à partir d’arbres coupés durant l’hiver 1518-1519. La complexité technique de l’ouvrage et sa très bonne conservation sont un témoignage du savoir-faire des compagnons et maîtres charpentiers de cette époque. Perpétué jusqu'à nos jours, l'art du tracé de la charpente a été inscrit sur la liste du patrimoine immatériel de l'humanité par l'UNESCO en 2009. La charpente du château d’Azay-le-Rideau est dite à chevrons portant-fermes, ce qui signifie que la couverture est portée directement par les chevrons, ces longues pièces de bois fixées dans le sens de la pente du toit. Le comble du château est dit à surcroît, c'est-à-dire que les murs périphériques qui supportent la charpente s’élèvent au-dessus du plancher pour ménager un espace utile important. Ce surcroît permet de mettre en valeur les lucarnes et leurs frontons ornés en pierre blanche de tuffeau qui se détachent ainsi parfaitement sur le fond gris de la couverture. 

Vue d'une lucarne depuis l'échafaudage, 2015

Point de vue sur la charpente après retrait des ardoises, 2015

La charpente, d’époque, est encore très bien conservée dans son ensemble. Cependant, quelques pièces sont déformées avec le temps et d’autres très endommagées par des infiltrations d’eau. Une équipe de charpentiers œuvre pendant douze mois afin de remplacer environ 50m3 de bois de chêne soit une très faible partie de la charpente existante. La restauration des pièces maitresses s’effectue à trait de Jupiter, c’est-à-dire qu’on remplace et fixe la partie endommagée au reste de la pièce conservée. Les nouvelles pièces de charpente sont faites de chêne neuf travaillé pour unifier la présentation de la charpente.

Les toitures
La restauration des toitures est une part importante du chantier et nécessite un savoir-faire rare et très exigeant. Les problèmes d’étanchéité de la toiture du château commençaient à menacer la charpente du XVIe siècle. Les faîtages en plomb aux décors très rares sont  protégés et restaurés. 
La couverture en ardoise
A partir du XIIe siècle, on commence à couvrir les toits de grands édifices avec des ardoises. Au XVIe siècle, elles deviennent le matériau noble de couverture des architectures remarquables. Les ardoises du château d’Azay-le-Rideau, provenant des ardoisières du bassin d’Angers, étaient en place depuis plus d’un siècle. Les couvertures ont été ponctuellement restaurées selon des techniques différentes depuis l’acquisition du château par l’Etat en 1905, formant aujourd’hui une couverture peu homogène. De plus, les fixations des ardoises sont endommagées et les parties métalliques d’étanchéités sont trop abimées pour empêcher totalement l’eau de s’infiltrer. L’ensemble des ardoises doit donc être remplacé pendant ce chantier.

Pose d'ardoise, 2015

Les ardoisières du bassin d'Angers ayant définitivement fermé en 2013, c'est une ardoise de Galice, dont les caractéristiques sont les plus proches de celle de l’Anjou, qui a été sélectionnée.
La pose de l’ardoise sur un monument historique nécessite un savoir-faire rare. Les couvreurs utilisent d’anciennes techniques. Les ardoises sont fixées avec un clou et la pose est dite à liaison brouillée et à pureau décroissant, ce qui consiste à poser les pièces avec un léger décalage pour ne pas laisser apparaître des liaisons disgracieuses. Cet art ancien de la couverture garantit une durée de vie d’un siècle et une belle unité des couleurs.

La pose à pureau décroissant, 2015

Les clous en cuivre utilisés pour la pose des ardoises, 2015

Les ornementations de toiture

#AzayRenaissance: restauration des ornements de toiture (2015). Vidéo du Centre des Monuments Nationaux.

Vue de l'échafaudage sur la restauration d'un épi de faîtage, 2015

La restauration des plombs polychromes

Pour assurer l'étanchéité de la couverture, l'arête est protégée par un élément que l'on appelle faîtage. Un riche décor polychrome est présent sur les faîtages en plomb du château d’Azay-le-Rideau. Il s’agit d’ornements originaux dont la conservation est très rare. Ils composent une frise aux motifs de décors à volutes, de figures d’hommes, têtes d’animaux, décors d’écus et de feuillages. La moitié est encore en place sur la couverture du château. La restauration des faîtages mobilise des couvreurs et des restaurateurs très qualifiés. C’est le couvreur qui manipule et répare les plaques de plomb. Il comble les trous et ressoude les fissures. Le restaurateur nettoie les décors et les consolide dans atelier de travail installé sur le chantier. Un archéomètre intervient également dans ce processus. Son travail consiste à recueillir les données techniques, architecturales et archéologiques de chaque plaque pour parfaire la connaissance de leur histoire.

Épis de faîtage, 2016

La restauration des épis de faîtage

Les épis de faîtage sont des éléments décoratifs en plomb et divers métaux qui ornent le sommet des toitures. Ceux du château d'Azay-le-Rideau sont exceptionnels par leur décor et leur hauteur atteignant jusqu’à 6 mètres. Ils datent des XVIème et XIXème siècles.
Leur restauration fait appel au savoir-faire du couvreur qui travaille les métaux en consolidant la structure métallique et les fixations des épis de faîtage. Le restaurateur nettoie soigneusement les métaux.

Détail d'un épi de faîtage, 2015

APPORTEZ VOTRE PIERRE À L'ÉDIFICE !

Le coût de restauration d’un épi de faîtage est d’environ 10 000 euros. La première phase de restauration concerne 4 épis. Nous avons déjà récolté la moitié des fonds. Faites un don pour les épis de faîtage du Château d’Azay-le-Rideau, éléments de décoration majeurs et rares de ce joyau du Val de Loire, et soyez parmi les premiers invités à venir admirer le château en majesté, une fois la restauration terminée.

Devenez mécène !

Les façades et sculptures en tuffeau
La sculpture ornementale du château d’Azay-le-Rideau remonte en grande partie à l’époque de construction du château. Les parties hautes sont réalisées en tuffeau blanc provenant des environs de Chinon, pierre calcaire fragile, qui résiste très mal aux intempéries mais qui est très facile à sculpter et confère une apparence lumineuse au bâtiment. Pour les soubassements a été préférée la pierre de Bourrée, tuffeau jaune moins friable et résistant mieux aux remontées d’humidité. Les pierres des façades portent les traces de l’érosion. On peut apercevoir des traces de coulures et l’invasion de lichens qui altèrent le magnifique aspect ocré du tuffeau. 

Détail d'une sculpture envahie par les lichens, mousses et algues, 2015

Décor sculpté d'une lucarne avant restauration, 2015

Détail du décor de l'escalier, 2016

La restauration des sculptures

Les restaurateurs du début du XXème siècle ont eu recours au plâtre pour certains scellements et pour réaliser des mortiers imitant le tuffeau. Le plâtre s'est avéré nocif pour la pierre qui a également souffert de mortiers trop durs ou trop étanches, ou de la rouille des fixations en fer. Le travail des restaurateurs consiste donc à éliminer les traces des matériaux autres que le tuffeau et à redonner à la pierre son aspect d’origine. Ils utilisent pour cela des techniques modernes : nettoyage au laser, à l'outil diamanté, dessalement contrôlé ou consolidation au silicate. Lorsque les éléments anciens ont disparu, le sculpteur intervient avec les mêmes techniques qu'au XVIème siècle, en sculptant les blocs de tuffeau posés par le tailleur de pierre. Il s’appuie sur une étude des éléments anciens conservés, des esquisses et modelages établis en collaboration avec l’Architecte en Chef des Monuments Historiques.

Utilisation d'un ciseau par un sculpteur, 2015

Relève de côte, 2015

Cour d'honneur restaurée, 2016

Les pierres de façade

L’architecte établit l’inventaire des pierres de façade à remplacer, conserver, nettoyer et consolider... L’apport de pierre neuve est limité au minimum, chacune est choisie soigneusement et doit être de même dureté, volume et aspect que l’originale. On appelle cette technique, le calpinage.

Château d'Azay-le-Rideau
Credits: Story

Cette exposition virtuelle a été réalisée par les équipes du Centre des monuments nationaux, avec la contribution des équipes du Château d’Azay-le-Rideau, l’appui des équipes du pôle images et la coordination du pôle numérique.
Les images sont extraites de Regards - Banque d’images des monuments © Centre des monuments nationaux

Credits: All media
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