La Comédie des Champs-Elysées : un siècle de théâtre revisité en affiches

Comédie des Champs Elysées

Un ébranlement de la tradition.Voici comment, en 1913, un parisien aurait pu définir la naissance de ce curieux bâtiment, fruit de l’imagination des Frères Perret, qui abrite aujourd’hui le Théâtre, la Comédie et le Studio des Champs-Élysées. Moderne, la Comédie des Champs-Élysées le sera dès son inauguration en 1913 par Léon Poirier. Première structure en béton armé dans une salle de spectacle, imposante façade de marbre blanc aux lignes épurées : l’édifice, véritable incarnation de la Modernité, pare les bords de Seine d’un style Art Déco. Il faut dire que les plus grands ont concouru à en faire un lieu exceptionnel : Lalique, Vuillard, Bourdelle ou encore Roussel ont marqué l’endroit de leur génie. Au cours d'un siècle de création théâtrale dans une maison engagée  pour la découverte, l'originalité et l'exigence, les plus grands noms du théâtre se sont produits sur sa scène choisis par des directeurs non moins célèbres. Cent ans de théâtre à découvrir au travers d'une cinquantaine d'affiches.

Les années 1920
Il existe peu d'affiches des spectacles créés entre 1913, année de son inauguration, et 1920. Jacques Hébertot prend à cette époque la direction de la Comédie, le théâtre prend alors le nom de Comédie-Montaigne. Cocteau y connaîtra ses premiers succès avec notamment "le Boeuf sur le toit" et "la Machine infernale". En 1923, Hébertot décide de transformer la galerie Montaigne, où sont organisées des expositions, en salle de théâtre d'art et d'essai. Louis Jouvet est alors chargé de l'aménagement, le Studio des Champs-Elysées est né. 

Aujourd'hui presque oubliés, les textes de Lenormand, réputé freudien convaincu, ont pourtant été mis en scène par les plus grands metteurs en scène de son époque, comme ici, Georges Pitoeff.

Modèle d' Affiche / programme annonçant les spectacles du 16 au 24 octobre 1922

Dans cette pièce, Georges Pitoeff met en scène sa femme, Ludmilla dans le rôle d'une provinciale enceinte des œuvres d'un jardinier.
Malgré le succès de la pièce, Pitoeff la fit déprogrammer pour faire place à "six personnages en quête d'auteur" de Pirandello, dont la mise en scène était prête depuis longtemps.

Mise en scène Georges Pitoëff en 1923, cette «légende de banlieue en sept tableaux » est un conte aux allures féeriques.

Cette pièce marque la première mise en scène de Louis Jouvet depuis son arrivée à la Comédie des Champs-Elysées.

A sa création en 1923 à la Comédie des Champs-Elysées, la pièce retentit comme un coup de tonnerre dans le ciel de la dramaturgie occidentale. Deux ans après sa composition, Georges Pitoëff, qui interprétait également le rôle du père, avait fait surgir les «personnages» sur scène par le monte-charge du bâtiment, contrairement au souhait de Pirandello de montrer dès le commencement ses personnages rangés en fond de scène. Ce choix de mise en scène instaura ainsi une plus grande indécision quant à leur nature, leur signification et leur statut au sein de l'œuvre.

Premier grand succès de Louis Jouvet, il en signe la mise en scène et les décors et joue également le rôle principal. Le spectacle sera donné 1 500 fois et Jouvet prendra ensuite la direction de la Comédie des Champs-Elysées de 1924 à 1934. Comédie grinçante, "Knock" dénonce la manipulation, qu'il s'agisse de médecine ou de toute idéologie, comme de n'importe quel commerce.

"Siegfried" est une pièce de théâtre en quatre actes de Jean Giraudoux, mise en scène par Louis Jouvet en 1928.
En 1921, Siegfried est sur le point de devenir le chancelier de l’Allemagne humiliée, sauveur d’un pays occupé après la défaite de la Grande Guerre. Ce soldat ramassé amnésique et sans identité sur le champ de bataille par les Allemands serait-il un ennemi français ?

L'après-guerre
Peu d'affiches des années 1930 ont été conservées. Après le départ de Louis Jouvet en 1934, c'est la Société des Auteurs qui gère le théâtre pendant la guerre. Claude Sainval prend alors la direction de la Comédie des Champs-Elysées en 1944 pour ne la quiterr qu'en 1977.

Ce quatuor vocal a marqué l'histoire de la chanson française pendant près de 40 ans. Non seulement par l'excellence de leurs interprétations mais surtout pour leur célèbre facette scénique. Justaucorps, collants, gants et chapeaux les caractérisent à jamais aux yeux du public, sans compter leurs mises en scène savamment chorégraphiées pour chaque chanson. Mêlant comédie, humour et musique, les Frères Jacques ont une place bien particulière dans le répertoire français.
Alors qu'ils avaient joué pour la première fois sur la scène de la Comédie des Champs-Élysées en 1945 à leurs tout débuts, c'est ce théâtre qu'ils choisissent en 1955 pour fêter leur dixième anniversaire. Ils le considèrent comme leur théâtre fétiche. Du chemin a été parcouru depuis la fin de la guerre, et le récital monté pour cette occasion a un tel succès de février à juin qu'il est à nouveau à l'affiche d'août à octobre.

Très gros succès à sa création en 1955, la pièce réunissait une distribution incroyable :
Pierre Brasseur, Jacqueline Maillan, Louis de Funès et bien d'autres.

Antoine Bourseiller, alors nouveau directeur du Studio des Champs-Élysées, choisit de présenter en 1928 son nouveau spectacle, Va donc chez Torpe, une comédie inédite de François Billetdoux.
La pièce remporta un vif succès malgré son sujet (le suicide) et le ressenti du public, souvent mal à l'aise face au thème abordé.

Mise en scène de Antoine Bourseiller
Pièce en 4 actes de Auguste Philippe Mathias, comte de Villiers de l'Isle-Adam

"Dans la jungle des villes" est la deuxième pièce écrite par Bertolt Brecht. Une première version est rédigée en 1921-22, et représentée en 1923 à Munich dans une mise en scène d'Erich Engel et de Bertolt Brecht, qui fait scandale. En 1926, Brecht compose une seconde version qu'il publie en 1927. Et c'est en 1962 seulement que la pièce est créée en français, au Studio des Champs-Élysées, dans une mise en scène d'Antoine Bourseiller, avec Sami Frey et François Darbon.

À la fin des années 1950, le producteur Georges de Beauregard, qui vient de lire le livre de Diderot, propose à Jacques Rivette de le réaliser. Après avoir reçu en 1962 un avis de précensure défavorable de la commission de contrôle, le scénario, rédigé par Rivette et Jean Gruault, est adapté en 1963 pour le théâtre au Studio des Champs-Élysées, sous la direction de Jean-Luc Godard et avec Anna Karina dans le rôle de Suzanne Simonin. Si la pièce ne déclenchera pas de scandale, ce ne sera pas le cas du film qui sera censuré.

Jean Anouilh est l'un des auteurs les plus joués à la Comédie. Il y a créé nombre de ses pièces.
Créée en 1970 dans une mise en scène de l'auteur et de Roland Piétri, la pièce fut un triomphe et plus de 600 représentations ont été données.

Autre pièce d'Anouilh, Léocadia relate l'histoire poétique d'un jeune prince follement amoureux d'une cantatrice roumaine, Léocadia Gardi

Les années 1980
Depuis 1977, la direction du théâtre est assurée par Guy Descaux. Ces années  sont rythmées par les performances de comédiens de renom tels que Jean-Claude Brialy, Maria Pacôme, Lambert Wilson, Jacqueline Maillan, Robert Hirsch. Au Studio, il renoue avec l'esprit qui présidait à la naissance de la salle et choisit nombre d'œuvres avec amour et discernement pour calsser le Studio en tête des théâtres parisiens

Habituée de la Comédie des Champs-Elysées, Edwige Feuillère, partage ici l'affiche avec Guy Tréjean et Henri Virlogeux

Autre grande actrice ayant joué à la Comédie, Jacqueline Maillan. Elle y jouera notamment son dernier spectacle avant sa mort, "Pièce montée" de Pierre Palmade.

Le spectacle réunissait sur scène un couple marquant du théâtre, Anny Duperey et Bernard Giraudeau.

Très souvent jouée, cette pièce a été interprétée par de nombreux couples d'acteurs; Quelques années plus tard, elle fut reprise avec Jane Birkin et Pierre Arditi sur la même scène.

Les années 1990-2000 et la modernité
Après Jacqueline Cormier, directrice de  1992 à 1994 à qui l'on doit notammenent la programmation de la pièce aujourd'hui mondialement connue "Art" de Yasmina Reza, c'est Michel Fagadau qui prend la direction de la Comédie et du Studio. Sous son impulsion, le théâtre s'anglicise puisqu'il programme et met en scène de nombreuses pièces du répertoire anglo-saxon afin de les faire connaître au grand public. Depuis 2011, sa fille, Stéphanie Fagadau-Mercier a repris la direction des deux salles de spectacles et perpétue l’héritage d’un siècle de création théâtrale. 

Un texte souvent joué au théâtre.
Dans cette version, Anouck Aimée donnait la réplique à Bruno Cremer, sur une musique de Michel Legrand.

Loin des classiques du théâtre, cette pièce connut un immense succès et remporta 2 Molières en 1995 (meilleur auteur et meilleur spectacle)
Cette pièce raconte l’histoire de trois amis, très liés depuis plus de quinze ans dont l’amitié sera ébranlée un jour à l’occasion de l’achat par Serge d’un tableau monochrome blanc payé au prix fort.

Michel Fagadau mit plusieurs fois en scène cette pièce de Jean Anouilh, d'abord en 1996, puis en 2010.

Mise en scène Michel Galabru ; adaptation de Marcel Pagnol, d'après "Jean le Bleu", nouvelle de Jean Giono Avec Michel Galabru, Dominique Régnier, Roger Muni

Michel Fagadau mettait en avant les auteurs anglo saxons, comme ici Tennessee Williams

Auteur américain, Donald Margulies a vu plusieurs de ses pièces être jouées à la Comédie. Celle-ci sera reprise quelques années plus tard avec une autre distribution

Autre pièce anglaise, le spectacle réunissait Clotilde Courau et Judith Magre.

"Brooklyn Boy", autre pièce de Donald Margulies jouée à la Comédie, rencontra un très grand succès.

Laurent Terzieff, autre immense acteur qui a foulé les planches du Studio

Fidèle de la Comédie des Champs-Elysées, Jean Piat dressait ici un portrait inattendu et renouvelé d'un Roi de Théâtre, au destin singulier, Sacha Guitry.

Une nouvelle mise en scène de l'oeuvre de Jean Anouilh pour Michel Fagadau qui réunit sur scène Anny Duperey et sa fille, Sara Giraudeau.
L'affiche, comme les costumes, est signée Pascale Bordet.

Le spectacle fut créé pour le centenaire du Théâtre et de la Comédie des Champs-Elysées, il réunissait 18 comédiens dont Anny Duprey, fidèle de la Comédie.
Le dessin de l'affiche est signé Pascale Bordet.

Cette nouvelle culte de Daniel Keyes a donné lieu à de nombreuses créations. Elle est ici portée au théâtre par Grégory Gadebois dans un monologue où l’émotion, le rire sont teintés d’effroi devant les effets imprévisibles des expériences scientifiques.
Le dessin de l'affiche est signé Anne Kessler, metteur en scène du spectacle

Le spectacle a remporté le Molière du meilleur spectacle de théâtre privé et du meilleur comédien pour Robert Hirsch, autre immense acteur.
Le texte est signé Florian Zeller, jeune auteur reconnu, dont les pièces ont souvent été créées à la Comédie.

Credits: Story

Conception — Comédie des Champs-Elysées

Photographie des affiches :

Visiter le site Web de la Comédie des Champs-Elysées :
Comédie des Champs Elysées

Credits: All media
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