Sorte de jukebox, le Scopitone est un appareil qui se déclenche automatiquement lorsqu’on y introduit une pièce de monnaie.

L’appareil montre un film sonore et en couleurs, également appelé Scopitone, projeté à l’intérieur de la boîte, et on peut voir sur un petit écran dépoli le film musical désiré. L’un des premiers Scopitone, le ST 16, est fabriqué et commercialisé par la société Caméca à Courbevoie à partir de 1961. Cette grande boîte (hauteur 182 cm), recouverte de formica, est pourvue à l’intérieur de 36 bobines de film 16 mm Eastmancolor sonore à piste magnétique, d’une longueur maximale de 50 mètres, en bobines montées sur un barillet rotatif à axe vertical.

L'introduction d’une pièce - un franc à l’époque - illumine un pupitre où figure la liste des chansons. Le titre choisi commande l'électro-aimant correspondant, qui met en route le barillet. Grâce à un miroir oscillant, le film est projeté en continu sur un miroir fixe qui renvoie les images sur l’écran (30,5 x 40,5 cm) disposé sur le haut de l’appareil. Ce système à défilement continu a l’avantage de prolonger la durée de vie des copies. Le son est restitué par une tête de lecture avec amplificateur d'une puissance de 8 watts et par un haut-parleur placé juste sous l’écran.

Le Scopitone permet de visionner, généralement dans les bars, les tout premiers clips. Réalisés très rapidement, souvent en moins d’une journée, dans des décors improvisés, et avec des budgets sommaires, ils durent environ 4 mn chacun. Andrée Davis-Boyer, productrice puis réalisatrice de Scopitones, est à l’origine de plus de 500 clips qui lui vaudront le surnom de “Mamy Scopitone”. Véritable pionnière, elle réussit à convaincre les maisons de disques de l’utilité de montrer des images de leurs artistes. D’abord tournés en 16 mm, ses films passeront au 35 mm pour s’adapter à l’évolution de la machine. Au-delà des vedettes incontournables de l’époque, de Claude François à Sylvie Vartan, en passant par Dalida ou Serge Gainsbourg, la productrice-réalisatrice filme de jeunes interprètes à leurs débuts, et contribue à lancer leurs carrières.

De jeunes réalisateurs font aussi leurs premières armes avec ce procédé, comme Claude Lelouch, auteur de plus de 80 clips, ou encore François Reichenbach, et d’autres noms célèbres comme Jean-Christophe Averty ou Gérard Sire.

Un autre appareil du même type, le Cinématic 50, est fabriqué en 1966. Il fonctionne sur le même principe, mais cette fois avec 50 bobines de film Super 8 sonore magnétique. Hauteur de l’appareil : 216 cm.

Le pupitre de sélection présente 50 diapositives éclairées montrant les titres à sélectionner : Henri Salvador, Abba, les Chats sauvages… et aussi une sélection de clips tournés avec des stars d’Algérie, du Liban ou d’Égypte : Mohamed Mazouni, Abdel Halim Hafez, Farid el Atrache, Om Kalsoum qui connaissent un grand succès dans la France de la décolonisation.

Parmi les derniers modèles reposant sur ce principe, le Wurlitzer Lasergraph (hauteur 228 cm) marque la fin du système (la société Caméca arrête sa production en 1974). Fabriqué en 1984, le Lasergraph est équipé d'un changeur automatique pour 15 disques vidéo laser. La lecture est assurée par un Philips Laservision VLP 830 modifié. En échange de 5 francs apparaissent James Brown ou Elton John. Cette machine est un peu absurde, puisque la lecture automatique des disques laser 30 cm – une technique qui aura une courte durée de vie – ne permet le visionnement des clips que sur un simple téléviseur Sony Trinitron. Il ne s’agit donc plus de projection, comme dans les anciens Scopitones.

Credits: All media
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