1941 - 1944

Justes parmi les Nations à Drancy

Fondation France Israel

“Dans l'antichambre de la mort”
Fondation France Israel/Novembre 2013

“Justes parmi les Nations est la plus haute distinction civile décernée par l’Etat d'Israel à des personnes non juives qui, au péril de leur vie, ont aidé des Juifs persécutés par l’occupant nazi.

Les personnes ainsi distinguées doivent avoir procuré, au risque conscient de leur vie, de celle de leurs proches, et sans demande de contrepartie, une aide véritable à une ou plusieurs personnes juives en situation de danger.”

Comité Français pour Yad Vashem

Nicole Guedj, président de la Fondation France Israel, au Mémorial de Yad Vashem à Jérusalem

La Fondation France Israël que  je préside, vise à renforcer les sociétés civiles française et israélienne.

Depuis 4 ans, la Fondation accompagne une délégation de petits-enfants de Justes parmi les Nations français en Israël au moment des commémorations de la Shoah, afin de rendre hommage à ceux qui se sont levés contre la barbarie nazie.

La Fondation France Israël a fait le choix de se tourner vers les descendants de Justes, qui sont aujourd'hui les nouveaux Ambassadeurs de la Mémoire.

Jacques Chirac, ancien président de la République Française.

“Voilà 65 ans, en France, il y a la honte du premier convoi de déportation, le 27 mars 1942. Il y a l'ordonnance allemande du 7 juin et l'ignominie de l'étoile jaune. Il y a le crime irréparable du Vel d'Hiv', les 16 et 17 juillet. Il y a, du 26 au 28 août, la rafle de milliers de Juifs étrangers en zone libre.

Il y a les ténèbres. Mais il y a aussi la lumière. La France affamée, terrorisée, coupée en deux par la ligne de démarcation, est étourdie par l'ampleur de la défaite. Mais très vite, des voix s'élèvent. Dès le 11 novembre 1940, de Gaulle écrit de Libreville au Congrès juif mondial que le statut des Juifs n'aura aucune validité dans la France libre. Il fustige la violation, par Vichy, “des principes de liberté et de justice égale, sur lesquels la République française était fondée”. Puis, dans le pire effondrement de notre histoire, alors même que la Wehrmacht semble encore invincible, des Françaises et des Français en très grand nombre vont montrer que les valeurs de l'humanisme sont enracinées dans leurs âmes. Partout, ils accueillent, cachent, sauvent au péril de leur vie des enfants, des femmes, des hommes, persécutés parce qu'ils sont Juifs. Dans ce cauchemar éveillé que les Juifs vivent depuis 1940, la France, leur France, à laquelle ils ont cru si intensément, n'a pas disparu. Dans les profondeurs du pays, une lueur d'espoir se fait jour. Elle est fragile, vacillante. Mais elle existe.”

François Hollande, président de la République Française.

“Il y a 70 ans, le 16 juillet 1942, au petit matin, 13.152 hommes, femmes et enfants étaient arrêtés à leur domicile. Les couples sans enfants et les célibataires furent internés à Drancy, là où s’élèvera à l’automne le musée créé par le Mémorial de la Shoah.

Les autres furent conduits au Vélodrome d’Hiver. Entassés pendant cinq jours, dans des conditions inhumaines, ils furent de là transférés vers les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande.

Une directive claire avait été donnée par l’administration de Vichy : « Les enfants ne doivent pas partir dans les mêmes convois que les parents ». C’est donc après des séparations déchirantes que les parents d’un côté, les enfants de l’autre, partirent vers Auschwitz-Birkenau où les déportés de Drancy les avaient précédés de quelques jours.

Ils y furent assassinés. Pour la seule raison qu’ils étaient juifs.

Mais la vérité, c’est aussi que le crime du Vel d’Hiv fut commis contre la France, contre ses valeurs, contre ses principes, contre son idéal.

L’honneur fut sauvé par les Justes, et au-delà par tous ceux qui surent s’élever contre la barbarie, par ces héros anonymes qui, ici, cachèrent un voisin ; qui, là, en aidèrent un autre ; qui risquèrent leurs vies pour que soient épargnées celles des innocents. Par tous ces Français qui ont permis que survivent les trois quarts des Juifs de France.”

Juste au bout d'un voyage...2012

Famille Mathieu. Histoire racontée par Loris Lagiewka-Lefevre, petit-fils de Denise et Camille Mathieu, Justes parmi les Nations

Le 20 août 1941, une rafle a lieu à Paris. De nombreux hommes juifs sont emmenés au camp de Drancy. Parmi eux, Messieurs Fuks, Herzberg et Adjenbaum.

“Devant le refus de colis que nous essayions d'autres femmes et moi-même de faire parvenir à nos époux, l'angoisse s'est installée au-dedans comme au-dehors.” Témoignage de Mme Herzberg.

Le même jour, le gendarme Camille Mathieu est affecté à la garde extérieure du camp de Drancy avec son unité de gendarmerie.

“Nous avons rôdé en suivant les barbelés. Soudain, du haut d'un mirador, un garde mobile nous interpelle en nous intimant l'ordre de circuler. Au bout d'un moment, il nous a dit de noter nos adresses, je ramasserai ce papier et je vous promets ma visite dans quelques jours”.

A dater de ce jour, pour nous l'espoir a succédé au désespoir !

“A partir de ce moment, tantôt Camille Mathieu, tantôt son épouse Denise, nous ont aidé avec le plus grand dévouement, se chargeant de notre courrier et aussi de quelques subsistances. Ils étaient pour nous ce que les mots ne peuvent exprimer dans un pareil moment, l'Espoir ! ”

Témoignage de Simon Fuks, interné à Drancy.

“Si la libération de Messieurs Herzberg, Adjenbaum et Fuks a été rendue possible, c'est en grande partie l'oeuvre de M. Mathieu, qui a fait porter leurs noms sur une liste de sortants.”

Témoignage de Mme Herzberg.

Les familles Herzberg et Adjenbaum ont pu réussir à franchir la ligne de démarcation grâce à l'aide de M. Mathieu et ont vécu sous de fausses identités à Pau, Lyon et Grenoble.

La famille Fuks a été hébergée chez Mme Blanche Mathieu à Lignières, jusqu'à la Libération.

En 1943, Camille Mathieu est mis aux arrêts et est révoqué pour avoir été pris en possession de lettres destinées à des internés . Il rentre dans la Résistance.

Camille Mathieu, son épouse Denise et sa mère Blanche ont sauvé 11 personnes.

Le 27 Décembre 1976, la Commission des Justes de Yad Vashem décide de décerner à Camille, Denise et Blanche Mathieu, la médaille de Juste parmi les Nations, pour avoir sauvé, au péril de leurs vies des juifs pendant la guerre.

En Juin 1978, Camille et Denise Mathieu sont invités en Israël, à Jérusalem pour planter un arbre à leur nom dans l'allée des Justes à Yad Vashem .

En mars 2012, Loris Lagiewka-Lefevre, petit-fils de Denise et Camille Mathieu, se rend avec la Fondation France Israël, à Jérusalem, sur les traces de ses grands-parents.

Juste avant le voyage, Loris a interrogé ses grands-parents sur leurs actions pendant la guerre. Ci-dessus le témoignage de Camille Mathieu, Juste parmi les Nations.

Credits: Story

Rôle — Loris Lagiewka-Lefevre pour nous avoir fourni les photos d'archive de sa famille
Rôle — Comité français pour Yad Vashem pour leur aide à l'organisation du voyage de petits-enfants de Justes parmi les Nations en Israel

Credits: All media
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