Angelin Preljocaj, costumes de danse

Centre national du costume de scène

Le Centre national du costume de scène offre une carte blanche à Angelin Preljocaj pour le 30ème anniversaire de sa Compagnie avec une exposition événement : "Angelin Preljocaj, costumes de danse". Une déambulation unique imaginée par la scénographe Constance Guisset parmi les ballets les plus emblématiques créés par le chorégraphe.

La première salle présente Angelin Preljocaj, son parcours, le Pavillon Noir à Aix-en-Provence ainsi que ses collaborations artistiques.

Angelin Preljocaj est un danseur chorégraphe né en France, de parents albanais. Il étudie d'abord la danse classique puis la danse contemporaine à New York avec le grand chorégraphe Merce Cunninigham. De retour en France, il crée sa propre compagnie de danse en 1984. Il a chorégraphié depuis 48 pièces et reçu plusieurs reconnaissances parmi lesquelles le « Grand Prix National de la danse » décerné par le Ministère de la Culture en 1992.

En octobre 2006, le Ballet Preljocaj investit son nouveau lieu conçu par l'architecte Rudy Ricciotti : le Pavillon Noir est le premier centre de production construit pour l'activité qu'il abrite où les artistes peuvent mener leur processus de création en intégralité, du travail en studio à la représentation sur scène. Dans son théâtre et ses quatre studios, des rencontres et des spectacles de danse sont proposés toute l'année : ceux d'Angelin Preljocaj et de compagnies invitées.

Le Ballet Preljocaj est l'une des seules compagnies françaises à utiliser la notation chorégraphique. Celle-ci se définit comme une écriture de la danse, un ensemble organisé de signes indiquant les mouvements du corps dans l'espace. On peut la comparer au solfège pour la musique. Elle permet de conserver la mémoire des chorégraphies et de les reprendre de manière précise.

La deuxième salle présente une typologie de costumes portés par les danseurs lors de ses créations : la féminité, la masculinté, l'animalité et la corporalité.

Le corps est à la fois outil et instrument de la danse. Angelin Preljocaj, ne cesse de l’interroger, le sublimant par le geste, le poussant jusqu’à ses limites, parfois avec une certaine maltraitance.
L’interprétation des ballets est toujours une performance physique intense. Ce traitement corporel trouve son écho dans les costumes.

Suivant leurs thèmes, les chorégraphies d’Angelin Preljocaj célèbrent la féminité en dépeignant ses différents aspects. La robe est l’élément récurrent du vestiaire féminin chez Preljocaj, présente depuis "Les Noces", déclinée sous toutes les formes. Le chorégraphe lui préfère la suggestion du corps à travers des ensembles de lingerie, qu’ils soient cachés sous le manteau ou exhibés tels quels.

Violence, barbarie, sexualité, homosexualité, spiritualité, mais aussi amour et romantisme,
dessinent la masculinité selon Angelin Preljocaj, dont certains ballets sont conçus pour certains de ses ballets pour les seuls interprètes masculins. Le costume classique, pantalon, veste et chemise, est le plus souvent de mise pour habiller ses danseurs. La puissance masculine sacrée se révèle aussi dans la plasticité des corps nus, ou partiellement vêtus.

Animé par sa recherche autour du corps et
de l’humanité, Angelin Preljocaj explore la part animale de l’homme. Les costumes d’animaux sont souvent conçus dans une veine réaliste. Cette "humanimalité" est parfois figurée par des êtres mutants à l’image des deux personnages de Centaures, mi-homme, mi-animal, sorte de demi-dieux.

En 1990, Angelin Preljocaj reçoit sa première commande d’une institution théâtrale, le Lyon Opéra Ballet : "Roméo et Juliette" d’après Shakespeare. Fan de bandes dessinées, il demande à Enki Bilal de réaliser décors et costumes. Tous deux originaires des Balkans, ils transposent cette histoire d’amour dans un pays totalitaire d’Europe de l’Est, écho aux conflits serbo-croates des années 1990.

Veste et pantalon en sergé déchiré, rapiécé et patiné. Tee-shirt en coton côtelé beige. Bottines en cuir noir patiné.

Brassière en satin de soie écru gansé avec laçage au dos. Short en satin écru. Corsage en mousseline de soie avec ouverture sous les bras.

Costume mi-partie noir et blanc. Bustier en satin piqué et velours, pantalon bouffant en satin piqué et cristal. Collants en maille et bottines en cuir noirs et blancs.

En 1993, à l’Opéra de Paris, Angelin Preljocaj rend hommage aux Ballets Russes en proposant "Parade", "le Spectre de la rose" et "Noces". Le chorégraphe ose affronter ces trois ballets mythiques de Serge Diaghilev car il aime relever les défis qui stimulent son imagination. Pour "Parade", il s’entoure du peintre Aki Kuroda et du couturier Hervé Pierre qui imagine des personnages de cirque vêtus de costumes bigarrés, comme fabriqués par les artistes eux-mêmes.

Ensemble bustier et tutu rigide en jersey côtelé jaune avec applications de velours brique à effet tacheté. Ceinture rigide en forme de queue de léopard, collant académique et bottines en cuir assortis.

Académique en jersey synthétique bleu disco et argent, maxi plastron en cuir argent orné d’une étoile garnie de cabochons et de strass. Bonnet de bain rouge. Lunettes asymétriques en fil noir. Bottines en cuir patiné gris.

Académique ajouré en jersey côtelé violet à dessin d’éclair en velours rouge. Grande cape en velours rouge et violet. Maxi col asymétrique en toile blanche rigide. Masque en velours violet. Bottines en cuir violet.

Académique en jersey rouge avec applications de velours rouge et décor de spirale en vinyle noir. Jupe courte en toile peinte de lignes noires. Maxi tricorne en jersey rouge avec long voile de tulle noir étoilé. Bottines en cuir rouge.

En avril 1994, Angelin Preljocaj revient sur la scène du Palais Garnier avec un ballet intitulé "Le Parc", sur une musique de Mozart, inspiré des relations galantes des XVIIe et XVIIIe siècles. Il imagine une chorégraphie du discours amoureux et de ses codes dans le cadre bucolique d’un jardin à la française : le parcours amoureux d’une jeune femme face à son destin.

Robe volante, corset à tassettes en queue d’écrevisse en damas et taffetas ivoire, bordé et lacé de biais rouge. Jupe à paniers en lin matelassé garnie de ruban rouge. Manteau à plis "Watteau" en toile de coton rouge à imprimé baroque.

Robe volante à plis "Watteau" en popeline de coton imprimée et décorée de cerises appliquées, garnie de nœuds en soie rouge sur pièce d’estomac. Jupon à paniers doublé de toile de parachute. Chapeau en paille garni de cerises.

Casaquin à basque en toile de coton imprimée motifs floraux, garniture de dentelle chantilly verte et ivoire et de biais rose. Jupon ample en crin noir.

Après "N" en 2004 sur le thème de la violence inhérente à l’histoire de l’humanité, Angelin Preljocaj choisit de fêter le 20e anniversaire de sa compagnie avec une pièce éponyme de l’oeuvre de Vivaldi "Les Quatre saisons". Il convie le plasticien de renommée internationale Fabrice Hyber à cette création. Ce dernier s’intéresse ainsi au détournement des fonctions premières d’objets du quotidien en créant des « POF » (prototypes d’objets en fonctionnement).

Académique incluant tête et mains en jersey de coton lycra gris décoré de pics en Plastazote montés sur bandes Velcro.

Académique incluant tête, main et pieds en maille lycra jaune recouverte entièrement d'éponges naturelles cousues et collées.

En 2008, Angelin Preljocaj oublie ses orientations abstraites comme dans "Helikopter" et choisit de travailler sur un ballet narratif romantique doté d’une forte dramaturgie : le conte des frères Grimm "Blanche-Neige". Il réunit tous ses danseurs et demande au célèbre couturier Jean Paul Gaultier de créer les costumes.

Robe longue à crinoline composée de rangs de franges ivoire montés sur armature. Body en tulle lycra couleur chair orné de franges.

Culotte longue en fourrure d’agneau de Mongolie. Bretelles élastiques marron croisées sur un coeur en vinyle rouge. Casque d’aviateur en cuir marron orné de bois de cerf en résine.

Body en jersey satin noir et chair. Jupe longue en satin noir et rouge. Corset, col et ceinture en cuir noir montés sur armature régilène. Gants en agneau noir. Cagoule en satin lycra noir. Couronne en cheveux nylon bruns.

Robe blanche en jersey de soie plissé drapée sur body en tulle lycra chair, plumes d’autruche blanches.

Ensemble de torero : chemise en soie blanche, armature en jersey orange supportant une spalière d’épaule ornée de broderies anciennes et de galon vieil or, applications de broderies vieil or sur pantalon gainant. Bottines et guêtres en toile blanche.

En 2010, Angelin Preljocaj est de nouveau l’invité de l’Opéra de Paris. Cette fois-ci, il s’inspire du mythe fondateur de Bouddha, d’après le roman d’Hermann Hesse. A travers cette histoire, il poursuit son exploration autour du sacré en interrogeant le corps et ses limites. Il chorégraphie ainsi le parcours initiatique du prince Siddharta, ses hésitations et ses errances avant d’accéder à l’Eveil, incarné par une femme.

Body en résille chair avec quilles d’organza, coiffe de même tissu.

Body et manchettes en résille chair ornés de cabochons or, cape-cage en corde à piano gainée et dorée, grand col garni de cabochons or. Pantalon de smoking noir.

Après l’Opéra national de Paris et le New York City Ballet, Angelin Preljocaj est l’invité du Bolchoï. Il adapte le thème de "l’Apocalypse" selon Saint Jean et réunit dix danseurs du Bolchoï avec onze artistes de sa Compagnie. Les deux troupes répètent au Pavillon Noir puis à Moscou. Pour certains danseurs russes, cette expérience est unique car elle leur permet de découvrir le travail d’improvisation et de recherche autour de l’écriture chorégraphique contemporaine.

Body en résille grise orné de biais en crêpe de soie, deux pans de crêpe drapés croisés. Casque réalisé à partir d’ustensiles de cuisine métalliques montés sur casque de moto. Chaussures en cuir gris taupe à plateformes en cuir argent.

Casque de Subodh Gupta pour le costume de la prêtresse.

Mini-robe en crêpe de soie blanche montée en volants plats

Cette 48e création d’Angelin Preljocaj s’inscrit dans le cadre de la programmation culturelle de Marseille-Provence 2013, capitale européenne de la culture. Inspiré des contes des "Mille et une Nuits", le chorégraphe traduit sur scène les impressions et les sensations qu’il a éprouvées à la lecture de l’oeuvre.

Body en maille jacquard à motif « tapisserie » orange, jaune, noir, blanc et vert.

Robe longue dos-nu en taffetas de soie grenat coupé dans le biais avec cordons de coton coulissants.

Académique avec encolure V à manches longues en dentelle noire à motifs tachetés.

Ensemble soutien-gorge et jupe patineuse en maille lurex doré gaufrée.

Robe courte en maille rouge, jupe patineuse bordée de lignes de pastilles argentées.

Le "Petit Pavillon Noir" invite le public, petits et grands, à se retrouver dans la peau d 'un danseur de la Compagnie du Ballet Preljocaj. Chacun peut se costumer, réaliser un mouvement, et se déplacer d'après les croquis et dessins chorégraphiques d'Angelin Preljocaj.

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