La mise au point du vaccin contre la rage

Musée de l'Institut Pasteur

Louis Pasteur (1886), NadarInstitut Pasteur

En 1880, Louis Pasteur est en pleine possession de sa méthode expérimentale.

Il décide de l’appliquer à l’étude d’une maladie humaine, la rage, qui affecte l’homme et l’animal.

Virus de la rage en microscopie électroniqueInstitut Pasteur

Comme il l’a fait pour la plupart de ses sujets de recherche, Louis Pasteur cherchera d’abord à isoler le responsable de la maladie.

Mais la rage étant causée par un virus, ses efforts pour l'observer resteront sans résultats.

En effet, la résolution des microscopes de l’époque ne permettait pas de voir les virus.

Le virus de la rage restera donc invisible.

Il sera observé pour la première fois, près d’un siècle plus tard, en 1962, grâce à la mise au point de la microscopie électronique.

Crypte, lapins évoquant la fabrication du vaccin contre la rage. (1895/1896), Charles-Louis Girault, Auguste Guilbert-Martin, Luc-Olivier MersonInstitut Pasteur

Grâce aux travaux de Duboué, Pasteur sait que le virus se propage par les nerfs et siège dans le cerveau et la moelle épinière. Plutôt que le chien, il décide de mener ses travaux sur le lapin, plus maniable et disponible plus facilement en nombre.

Louis Pasteur dans son laboratoire (1886), Albert EdelfeltInstitut Pasteur

Louis Pasteur décide de suspendre des moelles de lapins rabiques dans des flacons où elles sont exposées à l’action de l’air, dans une atmosphère privée d’humidité. La virulence s’atténue peu à peu jusqu’à s’éteindre.

Louis Pasteur injecte à des chiens contaminés des préparations de moelle de plus en plus virulentes. La rage ne se déclare pas. Malgré ces résultats, il redoute de passer aux essais chez l’homme.

Séance de vaccination contre la rage par Editions Rossignol - Montmorillan. Vienne.Institut Pasteur

Le matin du 6 juillet 1885, un jeune alsacien de neuf ans, Joseph Meister, mordu quatorze fois par un chien enragé se présente au laboratoire de Louis Pasteur à l'Ecole normale supérieure.

Après de nombreux débats et hésitations, en accord avec ses collaborateurs, il est décidé de tester son vaccin chez l’homme.

Lui-même n’étant pas médecin, il confie au Dr Grancher le soin de traiter le petit garçon.

En 10 jours, celui-ci recevra treize injections de préparation de moelles rabiques de moins en moins atténuées.

Joseph Meister ne développera jamais la maladie et deviendra le premier être humain vacciné contre la rage.

Crypte, mosaïques illustrant le berger Jean-Baptiste Jupille luttant contre un chien enragé. (1895/1896), Charles-Louis Girault, Auguste Guilbert-Martin, Luc-Olivier MersonInstitut Pasteur

Louis Pasteur restera cependant très discret sur ce premier succès.

Mais en octobre 1885, Jean-Baptiste Jupille, un jeune berger de 15 ans profondément mordu par un chien enragé, lui donne l’occasion d’appliquer son traitement pour la seconde fois.

L’adolescent s’était jeté sur l’animal pour couvrir la fuite de six autres petits bergers.

Louis Pasteur réitère son expérience avec le même succès. Cette fois-ci, la nouvelle fait le tour du monde.

Scène d’inoculation dans le laboratoire de l’Ecole normale (1886), Emile BayardInstitut Pasteur

Bientôt, une multitude de « mordus » se présentent à l’Ecole normale supérieure, venant de France et de l’étranger.

Vue générale de l'Institut Pasteur au moment de son ouverture (1888)Institut Pasteur

Face à cette affluence, Louis Pasteur décide de fonder un centre spécialement dédié à la vaccination contre la rage, qui soit également un centre de recherche et un centre d’enseignement.

L’Institut Pasteur sera inauguré trois ans plus tard, 1888.

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