Palais du Luxembourg / 400 ans d'histoire

French Senate

1615-1799 : d'une résidence princière aux tumultes de la Révolution

Le Palais du Luxembourg doit son existence à Marie de Médicis, mère de Louis XIII, reine et régente de France.
Lassée de la vétusté du Louvre et désireuse de posséder sa propre résidence, distincte de celle du Roi, elle s’installe en 1612 au faubourg Saint Germain des Prés, en lisière de la capitale.
Elle acquiert alors l’hôtel de François de Luxembourg et plusieurs bâtiments attenants pour y édifier son palais. La reine mère veut aussi un grand parc. Elle achète une ferme à l'Hôtel-Dieu de Paris et son terrain de 25 arpents (8 hectares)

En 1615, l'architecte Salomon de Brosse est chargé de concevoir un palais librement inspiré du Palais Pitti de Florence, berceau des Médicis.
La première pierre est posée en avril 1615. La dernière le sera en 1631.

L’apparence extérieure du palais ne connaîtra plus de modifications substantielles, avec son sobre appareillage de pierres en bossage au service d'un classicisme très français.

De la décoration intérieure, conçue au goût de la Reine, seule la salle du Livre d'or conserve la trace.

Cette salle décorée en 1816 avec des éléments récupérés des appartements du Palais et du Louvre, permet de se faire une idée des intérieurs de l’époque.
Les trésors de la salle du livre d'or sur le site du Sénat

Après le départ de Marie de Médicis suite à la "Journée des Dupes", le Palais conserve sa vocation de résidence princière, accueillant successivement Gaston d'Orléans (1642), puis la duchesse de Montpensier, sa veuve, ses filles, et la duchesse de Guise (1660), qui en fait don à Louis XIV (1694).

La journée des dupes 10 et 11 novembre 1630

En 1715, le Palais revient au régent Philippe d'Orléans, qui l'abandonne à ses filles, la duchesse de Berry et Louise Élisabeth d'Orléans, ex-reine d'Espagne. Louis XVI donne le Palais à son frère, le Comte de Provence, futur Louis XVIII (1778), qui en sera chassé par la Révolution Française.

A la Révolution, le Palais devient prison puis siège du Directoire.

1799-1836 : les débuts d'une assemblée parlementaire entre Empire et Monarchie
Fin 1799, le Palais du Luxembourg est affecté au Sénat conservateur. Il subit alors de profondes modifications architecturales afin de répondre à sa nouvelle vocation parlementaire.

Sur la façade nord, les fenêtres ouvertes par Chalgrin se substituent aux panneaux peints de Salomon de Brosse.

L'architecte Chalgrin (1739-1811) est le premier à œuvrer pour la transformation du Palais du Luxembourg en siège d'assemblée politique.

Au premier étage, il construit une salle des séances, à l'emplacement de l'actuelle "salle des Conférences".

Du grand escalier situé au cœur du bâtiment, il ne reste plus rien suite à la construction de l'hémicycle. Dès 1801, Chalgrin construit un escalier monumental dans l'aile ouest, en lieu et place des appartements de la Reine.

La salle des séances du Sénat conservateur construite par Chalgrin s'avère vite trop petite pour la Chambre des Pairs de la Restauration, puis de la monarchie de Juillet.
L'ouverture des délibérations au public et le rôle judiciaire de la Chambre des Pairs rendent nécessaires, surtout après le procès des émeutes de 1834, des travaux d'agrandissement du Palais du Luxembourg. Ceux-ci sont entamés en 1836 et dureront quatre ans.

1836-1841 : Alphonse de Gisors, l'incroyable défi de la transformation d'un palais en véritable assemblée parlementaire
Pour les besoins de la Chambre des Pairs, Alphonse de Gisors est chargé en 1834 de conduire les travaux. La façade sud du Palais est avancée de 31 mètres sur le jardin pour faire place à un nouvel hémicycle. C'est dans cette même salle que siège encore le Sénat aujourd'hui.

Projet de la salle définitive pour les séances législatives et judiciaires. Portant la mention "lu et approuvé" par Montalivet pair de France, ministre secrétaire d'État au département de l'intérieur.

Le projet d'un nouvel hémicycle présenté par l'architecte Alphonse de Gisors est adopté par une loi du 15 juin 1836. Les travaux dureront un peu plus de quatre ans. L’hémicycle comporte deux hémicycles opposés, l’un pour les membres de la Chambre des Pairs, et l’autre pour le Président et les secrétaires de la Chambre.

Le grand hémicycle est lambrissé et orné de statues monumentales avec la volonté de se placer sous les auspices des grands hommes depuis Charlemagne et saint Louis jusqu'aux jurisconsultes, en passant par les maréchaux d’Empire et les grands rois de France.
Les trésors de la salle des Séances sur le site du Sénat

Le 28 octobre 1859, un incendie dévaste en partie la salle des séances. Sa reconstruction est entreprise.

A l'exception de certaines peintures, le décor de la salle est restitué à l'identique (ici représenté vers 1860)

L'agrandissement du Palais, en vue d'accueillir un nouvel hémicycle, permet également la construction d'une nouvelle bibliothèque donnant sur le jardin. Elle est ornée d’un plafond peint par Delacroix.

1852-1970 : Du Second Empire au Sénat de la Ve République
Sur l'ordre de Napoléon III, en 1852, Alphonse de Gisors supprime les cloisons séparant encore les trois salles du bâtiment principal, réalisant ainsi la grande galerie, alors Salle du Trône (et dénommée aujourd'hui "salle des Conférences"), dans un Palais affecté au Sénat du Second Empire        

La salle du Trône est renommée salle des Pas perdus sous la IIIe République

Avec une surface de près de 650 m2 (57 m de long, 10,60 m de large, 11 m de hauteur) , la salle des Conférences occupe un espace dont la fonction a évolué au fil de l'histoire.

Initialement, l'escalier de Salomon de Brosse débouchait en son centre. C'est dans cet espace que siégeait, pendant la première moitié du XIXe siècle, le Sénat conservateur.

Napoléon III le transforme en Galerie du trône et y organise des bals somptueux.
On y a récemment replacé le trône en bois doré de Napoléon Ier (seul le siège a été conservé).

Découvrez le patrimoine de la Salle des conférence sur le site du Sénat

1970 à nos jours : une Assemblée entre exigence de modernité et préservation du Patrimoine
Abritant le Sénat depuis plus de deux siècles, le Palais doit sans cesse évoluer pour répondre aux besoins de plus de 2.000 personnes, parlementaires, assistants  et fonctionnaires, et, ainsi, s'adapter aux nécessités du travail législatif.

Le Palais du Luxembourg ne suffisant plus pour héberger tous les services du Sénat, ces derniers se sont étendus de l'autre côté de la rue de Vaugirard… Depuis 1970, des salles de conférences, des bureaux plus fonctionnels pour les sénateurs, des parkings ont été créés. Il faut enfin accueillir les nouvelles installations techniques requises pour mieux communiquer et informer le public (reprographie, studio et régies vidéo, serveurs informatiques, salles multimédia...).

La salle Médicis (127 places), aménagée en 2010 en forme d'hémicycle, est réservée aux réunions parlementaires et interparlementaires. Elle est équipée de caméras permettant l'enregistrement et la retransmission des débats. Plus polyvalente, la salle Clemenceau (262 places) accueille de nombreux colloques et réunions internes. C'est en son sein que se réunit la Conférence des Présidents.

Le Palais du Luxembourg s'adapte en permanence aux besoins d'une assemblée parlementaire moderne et ouverte. De nombreux travaux sont entrepris pour concilier les exigences de transparence et d'accessibilité avec la préservation du patrimoine.

Le Sénat n’a pas fini de relever ce perpétuel défi : concilier la tradition et les impératifs d’une institution moderne et ouverte au public.

Le Sénat n’a pas fini de relever ce perpétuel défi : concilier la tradition et les impératifs d’une institution moderne et ouverte au public.

Credits: Story

Sara GALLETTI, historienne, professeure à l'Université Duke (Caroline du Nord)
Franck BERGOUNIOUX, agent des services du Sénat
Direction de la Bibliothèque et des Archives du Sénat
Direction de l'Architecture, du Patrimoine et des Jardins du Sénat
Christophe CAZAUBON, Vidéo drone international

Credits: All media
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