2015

Musée de la musique

Philharmonie de Paris

 Constitué d’une collection nationale de plus de 7000 objets, le Musée de la musique marie la conservation des instruments, la recherche scientifique, l’interaction avec les musiciens et la rencontre avec le public. Découvrez les remarquables instruments et œuvres d'art du Musée de la musique. À lire, à regarder, à entendre.

Cinq chapitres ont été définis pour illustrer les principaux moments de notre histoire de la musique. Les instruments y sont présentés en relation avec le répertoire, les compositeurs et les lieux dans lesquels la musique était jouée. En parallèle, des vitrines, consacrées à des familles d’instruments ou à des facteurs, retracent les histoires prestigieuses, comme celles des Sellas, Stradivari ou Sax. Ce parcours historique est complété par une présentation des musiques du monde organisée selon les aires géographiques.

Johann Jacob Froberger (1616-1667), Suite n°12 en do majeur, Gigue, Courant, interprétée par Christophe Rousset
Le XVIIe siècle : la naissance de l’opéra
Le parcours propose une traversée chronologique de la musique occidentale, qui débute à l'âge baroque. L'Italie, d'abord, avec la maquette de la salle du palais de Mantoue où fut représenté en 1607 L'Orfeo de Monteverdi, ainsi qu'une collection d'instruments témoins des pratiques musicales de l'époque : claviers, cornets à bouquin, cistres et luths. L'évocation du château de Versailles illustre le temps de Louis XIV, entre tragédies, défilés militaires et rituels de la chasse. Les pratiques musicales de l'intimité sont représentées par une importante collection de guitares baroques, de violes de gambe et de clavecins flamands et français.

À l’origine, le cornet à bouquin était fabriqué dans une corne animale, ce qui pourrait expliquer le terme « bouquin », « bouc » en vieux français. Il est également possible que son nom provienne de l’italien bocca, la bouche, en référence à son embouchure ajoutée, comme sur les trompettes. La période de jeu du cornet s’étend du XVe au XVIIIe siècle. Son principe de fonctionnement est le même que les cuivres ; il sonne comme une trompette assez douce.
Le cornet à bouquin ténor du Musée, à l’esthétique saisissante, date du milieu du 16e siècle. Il possède la forme sinueuse d’un serpent, afin de raccourcir la longueur d’ensemble et de faciliter le jeu. La tête du dragon, taillée dans un bloc de bois collé au corps, comporte des oreilles sculptées, des cornes en véritable corne et des dents pointues probablement en ivoire. Une petite cavité à la base du palais laisse penser qu’une langue en métal devait se trouver dans la bouche du dragon.

Proche parent du luth, l’archiluth, possède un manche allongé retenant une série de longues cordes jouées “à vide” et destinées à renforcer le registre grave.
À l’époque baroque, les sons clairs et cuivrés de l’archiluth étaient particulièrement prisés pour l’accompagnement.
Au cours de l’histoire du luth, on n’a cessé d’augmenter son étendue vers le grave en ajoutant de nouveaux rangs de cordes. Ainsi, pour les archiluths et théorbes, une moyenne de quatorze rangs de cordes semble avoir été courante dès le milieu du XVIIe siècle.

John Dowland : Mrs Winter’s Jump - Joué par Christian Rivet

La caisse a 15 côtes de bois de violettes séparées par de larges filets d’ivoire. La table originale, en bois résineux, comporte deux lés et son épaisseur moyenne est d’environ 1,5 cm. Le chevalet est en hêtre avec un dessus en marqueterie.

John Dowland : Mrs Winter’s Jump - Joué par Christian Rivet

Sur le dos du manche, une marqueterie réalisée en bois de violette, arbrisseau brésilien, sur fond d'ivoire. L’inverse de ce décor (ivoire sur fond de violette), se retrouve sur l’alter-ego de cet instrument au Musikinstrumenten-museum de Berlin. La touche est décorée de trois cartouches d’ivoire de forme ellipsoïde, gravée de scènes pastorales. Sur la face du chevillier sont incrustés onze médaillons d’ivoire comportant des décors gravés (scènes pastorales, paysages).

La guitare connaît un engouement extraordinaire sous le règne de Louis XIV, lui-même bon guitariste. Les peintres du XVIIIe siècle, tel Watteau, ont laissé de nombreuses toiles mettant en scène ces instruments, entourés d’une faveur non démentie tout au long du Siècle des Lumières.

Antonio de Santa Cruz (vers 1700), Jacaras - Vincent Dumestre (Musée de la musique 2004)

Dotée d’une caisse plus petite que l’instrument actuel, la guitare de l’époque baroque possède cinq paires de cordes en boyau. Bois précieux, ivoire, nacre…tous les luthiers rivalisent de raffinement pour fabriquer de splendides instruments, comme en témoigne cette guitare fabriquée en 1708 par Jean-Baptiste Voboam. Durant le XVIIe siècle, la dynastie des Voboam domine la facture parisienne, introduisant un style d’ornementation en frises de losanges noirs et blancs : la pistagne. Les rosaces, au centre, sont de véritables dentelles en parchemin.

Antonio de Santa Cruz (vers 1700), Jacaras - Vincent Dumestre (Musée de la musique 2004)

Bien qu’elle fonctionne comme une flûte à bec, la flûte colonne est un instrument rare et mystérieux datant de la Renaissance, dont l’usage et l’histoire restent méconnus. Il n’en existe que cinq exemplaires dans le monde, dont une flûte alto au musée des instruments de musique de Bruxelles.
Les flûtes colonne ténor et basse du Musée de la musique, datées du 16e siècle, sont constituées, à la façon du basson, d’un corps en érable creusé d’un conduit replié sur lui-même. Cela permet de doubler la longueur de la colonne d’air. Le large chapiteau de ces flûtes laisse supposer qu’elles étaient posées sur une table. Jouées en ensemble, elles permettent d’interpréter les polyphonies raffinées des compositeurs de la Renaissance.
Le Musée a fait réaliser des copies des flûtes colonnes afin de reconstituer un quatuor composé de deux ténors, une basse et une alto, unique au monde.


Le terme virginale est employé en Flandres et en Angleterre pour désigner un instrument plus petit que le clavecin, et dont les cordes sont montées perpendiculairement ou en oblique par rapport au clavier.
Faite en 1583 par Hans Ruckers, fondateur d’une longue et illustre dynastie de facteurs établie à Anvers, cette virginale est l’un des plus anciens instruments conservés de ce facteur. La barre d'adresse est décorée de médaillons, probablement postérieurs, représentant Catherine de Médicis et Diane de Poitiers.
Une scène de chasse en pays flamand est peinte à l'intérieur du couvercle.
Comme toutes les roses des claviers Ruckers, la rose en laiton doré représente un ange jouant de la harpe, qu'encadrent les initiales du facteur : HR.

Virginale Ruckers
Le XVIIIe siècle : la musique des Lumières
En France, la musique quitte peu à peu la cour. L'Opéra, principale institution musicale, devient le siège de querelles esthétiques tandis que les salons des aristocrates et bourgeois cultivés favorisent l'essor de la musique instrumentale. L'on y joue du clavecin, de la harpe…Mais l'époque est également marquée par une vision idéalisée de la nature, faisant naître une vogue des musiques pastorales, recourant aux musettes et aux vielles à roue.L'évolution du goût musical vers une plus grande expressivité favorise l'apparition d'un nouvel instrument, le piano-forte, tandis que la pratique des concerts publics se répand, dont ceux du Concert spirituel qui accueilleront de nombreux musiciens étrangers.

Fabriquée par la firme Érard, mieux connue pour ses claviers, cette harpe illustre la diversité de production des facteurs parisiens. Dotée d’un sobre décor classique, elle possède la toute dernière innovation de Sébastien Érard : une mécanique « à fourchettes », destinée à faciliter le jeu du musicien. Le facteur perfectionnera encore son système en 1810 avec la harpe « à double mouvement », toujours en usage aujourd’hui, permettant à l’instrument de jouer toutes les notes de la gamme chromatique.

Giovanni Paisiello (1740-1816), Entracte pour harpe, extrait de Il Re Teodoro in Venezia, Sandrine Chatron

D’une grande qualité d’exécution, cet instrument confirme l’attrait des clavecins flamands en France au début du XVIIIe siècle.

Ravalé en 1701, il reçoit à cette occasion un nouveau décor de grotesques sur fond doré, appelé «à la Bérain» du nom du célèbre ornemaniste. Le piétement avec caryatides est un des rares originaux de l’époque de Louis XIV. L’ensemble compose un mobilier homogène élégant.

Johann Jacob Froberger (1616-1667), Suite n°12 en do majeur, Gigue, Courant, interprétée par Christophe Rousset

Aux XVIIIe et XIXe siècles, de nombreuses inventions tentent de faciliter le jeu des cuivres et notamment du cor. L’ajout de tubes supplémentaires, appelés « tons de rechange », dans le circuit d’air, permet aux cors de jouer dans plusieurs tonalités. Chaque longueur de tuyau correspond ainsi à la note « fondamentale » de la tonalité.
Dans le cor omnitonique, conçu au début du XIXe siècle, les tons de rechange sont intégrés à l’instrument, et non plus amovibles. Cela explique ce labyrinthe de tuyaux qui confère l’aspect extraordinaire de l’instrument. C’est par un système de coulisse, qui permet d’associer l’embouchure à l’extrémité du circuit de tuyau adéquat, que le musicien choisit la tonalité.
Le cor omnitonique, très lourd et peu pratique, fut rapidement éclipsé par le cor à piston, bien plus efficace.


Cor Omnitonique

Imaginé par Benjamin Franklin, le glass harmonica s’inspire du principe des verres musicaux. Des coupelles de verre de diamètre décroissant tournent sur un axe et sont frottées par les doigts mouillés du musicien.

Thomas Bloch, armonica de verre, Ensemble Stradivaria, Daniel Cuiller dir. , instrument similaire hors collection (Concert Cité de la musique 3/02/2003)
Le XIXe siècle : l’Europe romantique
Le langage musical du XIXe siècle témoigne d'un goût marqué pour l'expression des sentiments. Le jeu du soliste, à travers notamment les violons de Stradivari, et l'essor de l'orchestre symphonique constituent les deux pôles de la musique instrumentale de cette période. Liszt et Chopin, dont le Musée possède certains pianos Érard et Pleyel, incarnent la fi gure du musicien romantique, virtuose et passionné.Motivés par les besoins croissants en termes de timbres et de puissance des orchestres, notamment ceux de Berlioz et de Wagner, de nouveaux instruments voient le jour : l'octobasse, le saxophone, le tuba wagnérien...

Cette octobasse spectaculaire, de près de 3,50 m, fut fabriquée vers 1850 par le luthier français Jean-Baptiste Vuillaume, à l’époque où l’idée de progrès entraîne une course à la démesure.
Peu de pièces ont été écrites pour l’octobasse. Hector Berlioz l’employa pourtant pour l’exécution de son Te deum au concert inaugural de l’Exposition universelle de 1855. Il en jugeait les sons « d’une puissance et d’une beauté remarquables, pleins et forts sans rudesse ».
Malgré ses dimensions imposantes, un ingénieux système de manettes permet d’en jouer : tirées par la main gauche ou commandées par les pédales, ces manettes actionnent des « doigts » métalliques placés sur les cordes au niveau du manche. La main droite du musicien, quant à elle, frotte les cordes avec un archet.
Si deux instruments subsistent sur les trois exemplaires fabriqués à l’époque, plusieurs copies récentes en reproduisent le son exceptionnellement grave.

Le violon est considéré, depuis son origine, comme une invention quasiment parfaite. Sa forme a très peu évolué au cours des siècles et tous les grands virtuoses n’ont eu de cesse de vouloir jouer sur les productions des grands maîtres italiens, Amati, Guarneri et surtout Stradivari.
Toutefois, certains luthiers ont tenté de faire évoluer la facture du violon comme en témoigne cette étonnante viola arpa. Présenté en 1873 à la grande exposition de Vienne, cet instrument a été fabriqué par un luthier de Bucarest, Thomas Zach. Cet alto conserve la longueur et l’épaisseur de l’alto classique, mais le volume de la caisse de résonnance est augmenté par des protubérances marquantes, censées amplifier le son de l’alto.

Instrument similaire hors collection (viola arpa du Musée des instruments de musique de Berlin, Staatliches Institut für Musikforschung) Henryk Wieniawski, Obertas, op. 19 Nr. 1, version avec réverbération Elisabeth Heil, Berlin, enregistrement d’août 2012

Au XIXe siècle, le piano symbolise l’aisance matérielle et la bonne éducation, témoignant de l’avènement de la bourgeoisie. La facture de l’instrument se développe de façon industrielle sous l’impulsion des maisons Érard et Pleyel.
Le compositeur Frédéric Chopin appréciait les pianos de la maison Pleyel et leur resta fidèle toute sa vie. Il aimait particulièrement les qualités de toucher et de timbre de ces instruments, à la fois doux et velouté dans le médium et cristallin dans l’aigu.
De 1839 à 1841, il joua et composa sur ce piano à queue fabriqué par Pleyel, et aujourd’hui exposé au Musée de la musique.

Frédéric Chopin (1810-1849), Nocturne en si bémol mineur, opus 9 n°1 - Pierre Goy (piano)

Ce Stradivarius, ainsi que l’on nomme les violons fabriqués par Antonio Stradivari, fait partie de la période de maturité dite « période dorée » de la production du célèbre luthier, allant de 1700 à 1720 environ. Travaillant à l'époque où le violon devient soliste, Stradivari produit des violons de formes et dimensions différentes. Celles des instruments de la « période dorée » sont devenues les canons principaux pour la lutherie du violon.
Sur les 1100 instruments construits par Stradivari et ses fils, environ 650 instruments nous sont parvenus. Violoniste amateur bien connu, le Général Davidoff avait acquis ce violon en Russie pour former un quatuor complet. Donné en 1889 au Musée instrumental, ce Stradivarius fait aujourd’hui partie des 5 instruments du luthier crémonais conservés au Musée de la musique.



Le vernis, de jaune doré à rouge clair, magnifie le bois du fond, des éclisses, et le dessin de la volute.

Le saxophone est l’invention la plus célèbre d’Adolphe Sax, homme aux multiples activités et inventeur infatigable. Fabriqué en laiton, fonctionnant avec une anche simple et un bec, le saxophone intègre rapidement les formations de musique de chambre ou les fanfares. Mais c’est au XXe siècle, grâce au jazz dont il devient l’instrument emblématique, que le saxophone connait son plus grand succès.
Ce saxophone alto, fabriqué par Adolphe Sax en 1870, est en cuivre doré, gravé de motifs floraux.

Maurice Ravel (1875-1937, Bolero (extrait) Claude Delangle, saxophone ténor en do Adolphe-Edouard Sax
le XXe siècle : l’accélération de l’histoire
Ionisation d'Edgard Varèse illustre combien la percussion ouvre un champ sonore inédit. Mais l'apparition de l'électricité permet aussi l'invention de nouveaux instruments, notamment par Theremin, Martenot ou Hammond.Le bouleversement technologique des outils analogiques puis numériques est représenté au Musée par le synthétiseur modulaire de Frank Zappa, la machine Upic de Xenakis ou l'ordinateur 4X développé par l'Ircam.Tous les genres musicaux sont affectés, y compris la chanson, le rock et le jazz (présentés ici de manière succincte jusqu'à l'ouverture d'un nouvel espace dédié). Le public est invité à découvrir des objets mythiques comme les guitares de Django Reinhardt et de Jacques Brel.

Cet « instrument », mesurant plus de 3,5 m de long et pesant quelque 600 kg, faisait partie du studio 116 C de la Maison de la radio et était utilisé par le Groupe de recherches musicales (le GRM). Conçu à la demande de Pierre Schaeffer en 1967, il comportait une console de mixage, un lecteur-enregistreur de bandes multipistes, un système d’amplification et un synthétiseur analogique modulaire, programmable par matrices à fiches.
Associé aux enceintes sphériques Elipson S68, cet ensemble permettait de mixer sons concrets et sons synthétiques et de porter l’œuvre créée sur bande afin de pouvoir la diffuser dans le lieu du concert.

Pierre Schaeffer (1910-1995), Études aux sons animés (L’oeuvre musicale, INA /GRM 1998)

Le theremin a été inventé en 1920 par le scientifique russe Léon Theremin. C’est l’un des seuls instruments de musique que l’on peut jouer sans le toucher. En effet, pour moduler la hauteur et le volume du son, le musicien approche ou éloigne les mains des deux antennes de l’instrument. Malgré la fascination exercée par le theremin sur le public, l’instrument ne connait pas de succès commercial. Ses sonorités étranges et inquiétantes lui réservent pourtant une place de choix dans l’illustration sonore des films de science-fiction des années 1950, avant que l’instrument ne tombe en désuétude. Aujourd’hui, un regain d’intérêt attire vers cet instrument particulier plusieurs musiciens et groupes de musiques actuelles, comme Led Zeppelin, Jean-Michel Jarre, Portishead ou Benjamin Biolay.

Kasper T. Toeplitz (né en 1960), Le chant d'Enoch par Laurent Dailleau (Musée de la musique 2006)
Instruments du monde
Comme en Occident, la diversité des traditions musicales qui se sont développées à travers le monde résulte d'une histoire faite de rencontres, de convergences et d'emprunts. Transmises le plus souvent oralement, ces traditions préservent un héritage musical qui joue un rôle majeur dans l'organisation sociale et religieuse de leurs communautés.Organisée en cinq aires distinctes (monde arabe, Asie, Afrique, Océanie et cultures amérindiennes), la présentation des instruments est enrichie d'extraits audiovisuels qui permettent au visiteur d'appréhender les spécificités culturelles de certaines traditions dans leur contexte ou de découvrir de très rares instruments et des répertoires aujourd'hui en voie de disparition.

La cithare bin ou rudra-vina, que l’on dit créée par le dieu Shiva lui-même, est regardée comme l'emblème de la tradition musicale indienne, même si elle a pratiquement disparu de la scène musicale actuelle. Le musicien joue agenouillé et pince les cordes avec deux onglets métalliques. L'instrument est porté en travers de la poitrine, l'un des résonateurs reposant sur l'épaule gauche tandis que l'autre vient se placer dans le giron du musicien.

Raga Ahir Lalit (extrait) Inde, Zia Mohiuddin Dagar, Rudra-Veena (Raga Records)

La bin du Musée est une pièce rarissime datant du XVIIe siècle. L’état de conservation exceptionnel de cet instrument permet d’apprécier l’extrême raffinement de son décor. Les œillets et iris, savamment agencés en une riche composition florale, sont d'inspiration moghole. Chaque contour est rehaussé de dorures et, sur la partie supérieure des résonateurs, un délicat feuillage cuivré a été minutieusement reproduit.

Raga Ahir Lalit (extrait) Inde, Zia Mohiuddin Dagar, Rudra-Veena (Raga Records)

Le koto japonais appartient à la vaste famille des cithares. Apparu au Japon au début du VIIIe siècle, il est probablement d’origine chinoise. Aujourd’hui, le koto joue un rôle soliste dans la musique de chambre sankyoku, aux côtés de la flûte shakuhachi et du luth shamisen.
Le koto se joue avec trois plectres fixés au pouce, à l’index et au majeur de la main droite pour pincer les cordes. Le pouce et l’index de la main gauche appuient sur les cordes près des petits chevalets, pour obtenir un glissando ou un ornement bien précis.
Fabriqué en 1780 par Yasujiro Ogura, le plus grand maître facteur de koto, l’instrument du Musée a été offert en 1962 par un autre facteur, M. Sahei Mizuno, en signe d’amitié franco-japonaise. Les cordes en soie torsadée, et les motifs floraux réalisés à partir de matières précieuses, comme l’or, le corail, le jade, l’ivoire, l’argent, l’ambre et la nacre, en font un instrument exceptionnel.

Cette harpe ngombi a été fabriquée par la population Ngbaka-ma’bo, en République centrafricaine, au début du XXe siècle. Les Ngbaka vivent dans un environnement forestier et entretiennent une relation très forte à la nature et à la forêt qui est présente dans leur pratique musicale. La longue caisse de bois de l’instrument est recouverte d'une peau d’antilope. Le manche arqué supporte neuf cordes dont certaines sont en racine aérienne de vanille. La double tête noircie est formée de deux visages identiques, aux yeux effilés et aux sourcils situés au sommet du front.
Le musicien, assis sur le sol ou sur une chaise, tient cette harpe verticalement entre ses jambes. Il interprète le plus souvent un répertoire intimiste, composé de mythes chantés, de contes ou de complaintes associées au culte des ancêtres. Il chante en s’accompagnant de la harpe et son auditoire lui répond dans un chœur alterné.

Musique pour harpe à 10 cordes ngombi République Centrafricaine, Antoine Nzoniagouli, harpe, enregistré par Charles Duvelle, 27 avril 1962, Mbaïki, région de la Lobaye. Instrument similaire hors collection

Taillé dans une seule pièce de bois, cet instrument, fabriqué au Ghana au tournant du XXe siècle, est composé d'un personnage féminin portant sur la tête une timbale.
Cette timbale est apparentée au tambour « parlant », portée à dos d’homme et jouée par un tambourinaire à l’aide de baguettes recourbées. C’est un tambour-maître, instrument phare joué au sein d’orchestres populaires qui connurent autrefois un grand succès dans le sud de l’actuel Ghana. Ces ensembles, associés à des musiques et des danses spécifiques exécutées dans un cadre de divertissement, intervenaient aussi lors de funérailles. Le rôle central du tambour-maître dans l’orchestre et sa nature féminine, caractérisée par la présence de seins souvent sculptés à même le tambour, font écho au statut influent de la femme, chef de lignage dans la société akan.


Né en Amérique du Sud et fruit de la rencontre des cultures indigènes et européennes, le charango a probablement pour origine la vihuela de mano espagnole ou la guitare renaissance, introduites en Amérique au XVIe siècle.
Répandu dans les régions montagneuses de Bolivie, au centre et au sud du Pérou, comme dans le nord de l’Argentine et au Chili, le charango est utilisé pour accompagner les chants et danses exécutés durant les fêtes villageoises et lors de cérémonies agraires. Il n’est joué que par les hommes.
La caisse est traditionnellement faite en bois de cèdre ou de noyer mais aussi, comme c’est le cas avec cet instrument fabriqué en 1981, avec la carapace d’un tatou.

Kalampeado (morceau rural) - José Mendoza (Musée de la musique 2011)

Le Oud est l’instrument emblématique de la musique arabe. Reconnaissable à la forme de sa caisse et à son chevillier recourbé vers l’arrière, il possède une longue histoire dont la trace se perd dans la région de Bagdad vers le VIIe siècle. Introduit par les Maures en Espagne au IXe siècle, il est à l’origine du luth européen.
De Constantine à Damas ou de Rabat au Caire, le ‘ud accompagne le chant classique et le répertoire traditionnel au sein de différents types d’orchestre et sert admirablement en solo les suites instrumentales. Jouant un rôle essentiel dans l’enseignement de la théorie musicale et du système tonal arabe, il est depuis toujours étroitement associé à la tradition savante. Aujourd’hui, son succès grandissant étend la pratique du ‘ud à des formes populaires très diversifiées, dont la world music.
L’exceptionnelle facture de l’instrument présenté ici, fabriqué en 1931, est l’œuvre du célèbre luthier syrien Georges Nahat.

Foug el nakhal, Maqam hijaz - Fadhel Messaoudi (Musée de la musique 2007)
Collection permanente
Crédits : histoire

L'équipe de conservation et restauration du Musée de la musique.
Les responsables du centre de documentation du Musée de la musique.

Remerciements : tous les supports
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