June 2010

Vestiaire de Divas, de Maria Callas à Dalida

Centre national du costume de scène

Apparu au début du XIXe siècle pour désigner une chanteuse d’opéra, le terme de Diva est aujourd’hui fréquemment employé pour évoquer toute femme de forte personnalité jouissant d’une certaine célébrité, quelque soit son domaine artistique. Malgré tout, la Diva reste un personnage emblématique et incontournable de la scène d'aujourd’hui.

Sarah Bernhardt crée son propre style de costumes, très orné, très baroque, et veille de près à ses tenues de scène. Si une Diva a de façon supérieure utilisé l’art du costume pour se créer un personnage c’est bien la grande Sarah ! A la ville comme à la scène, elle est unique, jouant de sa silhouette androgyne, si peu à la mode en cette fin de siècle, mais qui lui permet de tout porter, même le costume masculin.

Actrice française, surnommée la "Voix d'or" ou "la Divine", considérée comme la plus grande tragédienne du XXe siècle. Véritable monstre sacré, grâce à sa personnalité et son talent elle fait une carrière impressionnante en France comme à l'étranger. Elle est la reine dans "Ruy Blas", "La Dame aux camélias", "Phèdre", "L'Aiglon", "Lorenzacio".

Costume pour le rôle de Jeanne d'Arc porté par Sarah Bernhardt
Créée en 1890 au Théâtre de la Porte Saint-Martin, 1890. Costume de Théophile Thomas, cuirasse et aumônière en cuir blanc brodé. Coll. BnF, ADS - Fonds Charles Dullin.

"Ruy Blas", pièce de Victor Hugo Créée en 1838. Reprise à la Comédie-Française, 1879. Costume de Théophile Thomas pour le rôle de la Reine. Dessus de robe Louis XIII en satin broché orné de perles. Coll. Comédie-Française.

Manteau de scène ou de ville porté par Sarah Bernhardt
Recouvert de dentelle écrue à motifs floraux sur un fond de satin. Manches, parmenture et doublure en fourrure blanche. Coll. part.

Dans les collections du CNCS, grâce aux dons consentis par les héritiers de Régine Crespin, sont aujourd’hui conservés les costumes de scène que la cantatrice s’était faits faire pour ses tournées à travers le monde, et certaines de ses tenues « alla diva ». Mais il n’y a pas une seule de ses nombreuses et fameuses robes de soirée. Devenue professeur, la cantatrice les a données à ses jeunes élèves qui affrontaient les premières étapes de leur vie professionnelle. Ainsi, se transmet d’une artiste à l’autre, le savoir de la voix, la prestance du corps, et l’élégance du cœur !

Soprano française à la voix de velours. Grande interprète française, elle chante également sur toutes les grandes scènes à internationales, notamment à Bayreuth pour les rôles wagnériens. Elle est "Carmen", Elisabeth de "Tannhaüser", la Maréchale du "Chevalier à la rose", "Tosca", Ariane d'"Ariane à Naxos", la Première Prieure des "Dialogues des Carmélites", Didon des "Troyens", la "Grande-Duchesse" de Gérolstein et la Comtesse de "La Dame de Pique".

Costume pour le rôle d'Elisabeth dans "Tannhäuser" porté par Régine Crespin
Robe longue en jersey plissé écru doublé de lamé or. Longue cape en lamé or. Mise en scène J. le Poulain, costume Leonor Fini. Opéra de Paris, 1963.

Costume pour le rôle d'Amélia dans "Un bal masqué" opéra de Guiseppe Verdi.
Robe à paniers. Corsage en velours noir et satin blanc brodé noir. Jupe en ottoman de soie rose pâle, dessous de jupe en satin gris clair brodé noir. Coll. CNCS/ONP.

A la scène la transformation corporelle de Maria Callas lui permis de rendre plus crédible l’interprétation de ses personnages en l’aidant à utiliser son corps de façon plus expressive, son port de tête, ses longs bras, ses mains fines … L’apparente simplicité des costumes cache une structure très élaborée. Des soufflets de tulle chair, dissimulés dans les coutures des corsages, augmentent la capacité élastique des tissus et permettent à la diva de respirer plus facilement.

Archétype de la Diva, la chanteuse la plus connue au monde, depuis le début de sa carrière jusqu'à sa dernière apparition sur scène, Maria Callas a déchaîné les passions du public, des artistes, des metteurs en scène et des chefs d'orchestre qui ont travaillé avec elle. Sa métamorphose physique, rapide et radicale a transformé sa silhouette en celle de mannequin.

Robe longue en jersey de soie drapé à large encolure. Jupe longue en mousseline, ceinture tressée de galons argent. Longue cape en velours bleu ardoise, galons argent.- Robe longue en jersey de laine violet drapé à large encolure, taille ajustée

Robe longue en jersey de laine violet drapé à large encolure, taille ajustée.

Maria Callas pour le rôle de Norma dans "Norma" Vincenzo Bellini. Longue cape en velours rouge bordé de galons or et d'une frange en chenille rouge

Costume pour le rôle de Floria dans "Tosca" porté par Maria Callas.
Robe longue de style Empire à manches ballons en mousseline rose orange. Taille haute soulignée d’un ruban. Coll. part.

"Médée", film de Pier Paolo Pasolini d'après la tragédie d'Euripide, 1969. Premier film et unique rôle au cinéma pour Maria Callas qui est utilisée en actrice et non en cantatrice.

Costume pour le rituel porté par Maria Callas dans "Médée"
Robe et manteau brodés dans un tissu lourd et précieux bleu et marron. Amoncellement de bijoux imposants, accumulation de colliers de type archaïque ou tribal. Voile et diadème. Coll. Palazzo Pitti, Florence.

Bijoux de Médée portés par Maria Callas
Trois colliers composés de trois rangs de boules de métal travaillées. Coll. Jewel House, Rome.

A la manière d'un écrin cette salle renfermait les trésors des plus grandes Divas : minaudières, rouges à lèvres, couvre-chefs, chaussures et manteaux ...

Mezzo-soprano française. Muse de Jacques Offenbach, elle tient le rôle de plusieurs de ses opéras-comiques comme "La Belle Hélène, "Barbe Bleue", "La Périchole"...Elle triomphe dans "La Grande duchesse" de Gerosltein faisant accourir toute la société du second Empire.

Veste en taffetas de soie bleue, ornée du cordon de la grande croix de Gérolstein, broche en strass. Jupe de présentation. Coll. Musée National du Château de Compiègne. Mezzo-soprano française. Muse de Jacques Offenbach, elle tient le rôle de plusieurs de ses opéras-comiques comme "La Belle Hélène, "Barbe Bleue", "La Périchole"...Elle triomphe dans "La Grande duchesse" de Gerosltein faisant accourir toute la société du second Empire.

Soprano française d'origine suisse, Lucienne Bréval fait ses débuts au Palais Granier dans "L'Africaine" de Meyerbeer en 1892. Elle s'impose comme une des grandes de sa génération dans des rôles tels qu'Alceste, Ariane, Salammbô.

Costume pour le rôle de Brünnhilde dans la Walkyrie opéra de Richard Wagner, Opéra de Paris, Palais Garnier, 1993. Cuirasse, lance et bouclier. Cotte de mailles en éléments métalliques montés sur un tricot en jersey.

En 1981, Montserrat Caballé chante Turandot au Palais Garnier, dans une production signée par Jacques Dupont. Dessinés à partir du test de Rorschach, comme toute la production, les costumes sont réalisés avec un matériau insolite, le grob, sorte de paille qui donne un effet décoratif ou un effet volume.

Elle a exploré le répertoire du bel canto romantique, le remettant à l'honneur grâce à ses interprétation des œuvres de Rossini, Bellini, Donizetti. Intrépide et pleine d'humour, Montserrat Caballé a fait des excursions dans le monde de la musique de variété, chantant en duo avec le chanteur de rock Freddie Mercury, avec Johnny Hallyday, ou encore avec Bruce Dickinson, du groupe Iron Maiden.

Costume pour le rôle de Sémiramide porté par Montserrat Caballé
Robe longue à traîne en taffetas bleu orné d’un motif floral fait de perles or et bleues et strass. Coll. Teatro San Carlo, Naples.

Tunique et jupe longue avec traîne en soie sauvage ivoire. Large col en grob sur fond de tarlatane. Grandes manches kimono doublées or, recouvertes de cristal marron. Très longue cape en organza blanc gris, peint de motifs or et noirs. Coiffure ailée en dentelle métallique or garnie de perles soufflées irisées or.

Tunique et jupe longue en soie rouge. Double col soutaché de galon noir, or et ivoire. Grandes manches kimono. Coiffure ailée en dentelle métallique or garnie de perles soufflées, irisées or. Coll. CNCS/ ONP.

Pour l’opéra « Robert le Diable » de Giacomo Meyerbeer, June Anderson porte trois costumes flamboyants conçus par la costumière Florica Malureanu. Elle apparait pendant quelques secondes dans la dernière toilette, celle d’une mariée, entrant sur scène par la coulisse jardin, traversant lentement le plateau et sortant par la coulisse cour, et c’était tout ! Cette robe blanche, éblouissante, avait demandé tout l’art des couturières des ateliers du Palais Garnier, 250 mètres de dentelle, 15 mètres de soie, 15 mètres d’organza et des kilos de perles !

Le répertoire du bel canto est son domaine d'élection, notamment avec les rôles de "Lucia di Lammermoor" de Donizetti et de "Norma" de Bellini. Au cinéma, elle chante les airs de la Reine de la nuit dans le film de Milos Forman "Amadeus".

Costume d'Isabelle, Princesse de Sicile dans "Robert le Diable", 1985.
Robe en dentelle blanche. Corsage brodé de perles. Deux ailes bijoutées aux épaules. Jupe ample de dentelle écrue et or garnie de feuilles en plastique irisées. Coll. CNCS/ ONP.

Costume pour le rôle d'Isabelle, Princesse de Sicile dans l'Acte II de "Robert le Diable".
Robe longue en faux daim rouge recouvert de cristal rouge décoré de feuilles en plastique rouge et pierres rouges colées. Jupe ample sur jupon à tournure avec traîne bouillonnée. Coll. CNCS/ ONP.

Robe longue à traîne en lamé gris-argent façonné. Deux pans drapés sur les côtés formant traîne. Longs colliers de perles blanches et grises. Décor de feuilles en plastique argent sur les manches et la jupe. Coll. CNCS/ ONP.

Costume porté par June Anderson dans "Casta diva"
Robe « reflet de lune sur la mer », composée de soie brodée et de rhodoïd. Coll. Maurizio Galante.

Pour l’ouverture de la saison 2008-2009 du Metropolitan Opera à New-York, qui était aussi celle de son 125ème anniversaire, la direction du théâtre avait programmé une représentation de gala. Renée Fleming en était la star. La soirée était retransmise en direct sur écran dans 600 salles de cinéma à travers le pays, à Mexico et à Buenos Aires et aussi en extérieur à Time Square et sur le campus de la Fordham University au Lincoln Center.

Une des plus grandes voix lyriques, Renée Fleming a souvent chanté à l'Opéra de Paris, des répertoires très variés, d'"Alcina" de Haendel à "Roussalka" de Dvorak. A sa demande, Christina Lacroix dessine ses costumes pour "Taïs" de Massenet et pour "La Traviata" de Verdi, deux productions du Metropolitan House de New York.

Costume pour le rôle de la Comtesse porté par Renée Fleming dans "La Traviata"
Robe longue. Bustier à manches longues, superposition de broché noir et bleu, de dentelle vert d'eau et or à motifs floraux, et de tulle. Décolleté en velours noir et lamé, avec nœud à deux pans en velours noir fixé à la taille. Jupe constituée de super position de broché noir et bleu, de dentelle vert d'eau et or et de tulle vert et noir garni de strass. Répertoire ONP.

Costumes pour le rôle de Manon portés par Renée Fleming
Robe de style XVIIIe siècle en taffetas de soie rouge, avec dessus de robe en taffetas de soie rouge imprimé. Coll. CNCS/ ONP.- Robe et dessus de robe en bourrette de soie bleue galonnée de dentelle argent, engageantes en dentelle blanche. Coll. CNCS/ ONP.

Cheveux courts et jambes interminables gainées de noir, elle est la diva parisienne.

Zizi invente un style copié par des millions de femmes en créant "Carmen", ballet mis en scène et chorégraphié par Roland Petit, en 1949, à Londres et New York. En 1962, Roland Petit crée, met en scène et chorégraphie pour elle à l'Alhambra le merveilleux numéro "Mon truc en plumes". Dans ce spectacle, Yves Saint Laurent crée la totalité de ses costumes.

Costumes portés par Zizi Jeanmaire dans "Toi et ton sax"
Combinaison à bretelles, brodée de paillettes et perles. Bottes de chevreau noir ornées de voile de soie noir pailleté. - Manteau à traîne en voile de soie rose, broderie de paillettes imitant la peau de serpent, bordé de renard roux.

Costume porté par Zizi Jeanmaire dans "Je cherche un homme"
Robe en taffetas de soie écru brodé de paillettes, encolure à strass diamant, poignets en strass orange. Plumes d’autruche orange aux épaules et au bas de la robe.

Costume porté par Zizi Jeanmaire dans "Zizi je t'aime"
Manteau "diamant". Voile de soie écru brodé manuellement d'un assortiment de paillettes, tubes, perles et fil métallique argent. Col baleiné de renard blanc. Doublure de satin beige.

Costume porté par Zizi Jeanmaire pour le rôle d'Erté dans "La Veuve rusée"
Bustier de velours avec losanges brodés de strass et de paillettes. Cabochons entourés de strass au milieu du décolleté. Réalisé par l’atelier Karinska.

Costume porté par Zizi Jeanmaire dans "Mon Truc en plume"
Pull tunique noir brodé. Eventails en plumes d'autruche teintes.

Soprano néozélandaise d’origine maori. Elle chante en 1981 « Let the bright seraphim » de Haendel, au mariage du Prince Charles d’Angleterre et de Lady Diana, retransmis sur toutes les chaines de télévisions du monde, et aussi pour le concert du jubilé de la reine d’Angleterre en 2006 ! dame Kiri Te Kanawa, docteur honoris causa de plusieurs universités a organisé une fondation destinée à aider les jeunes chanteurs et musiciens néo zélandais

Costume pour le rôle de la Maréchal pour l'Opéra "Le Chevalier à la rose" de Richard Strauss. Costume d'Ezio Frigerio, Opéra de Paris, 1976.
Robe à grands paniers de style XVIIIe siècle en soie ocre marron recouverte de tulle or. Garniture de fleurs et de tulle marron peint or et rouge. Engageantes en dentelle blanche. Longue jupe recouverte de mousseline marron. Jupon à grands paniers en nylon blanc. Coll. CNCS / ONP

Soprano américaine, Barbara Hendricks interprète de nombreuses héroïnes lyriques sur toutes les scènes internationales, elle est aussi une des « Divas au drapeau ». Ambassadrice pour le Haut-commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés, elle participe à de nombreuses manifestations humanitaires.

Costume pour le rôle de Juliette pour l'opéra "Roméo et Juliette" de Charles Gounod. Costumes de Jean-Pierre Vergier, Opéra de Paris, Palais Garnier, 1982. Robe de style Renaissance, en velours façonné noir. Décolleté bordé d'un galon de perles noires. Manches à crevées, lingerie en mousseline noire et aiguillettes or. Coll. CNCS / ONP

Natalie Dessay est la plus célèbre des cantatrices françaises de ces dernières années. Elle doit son prénom, Natalie sans « h », à une star, Natalie Wood, qui fût la Juliette de West Side Story. Elle est l’enfant chéri des metteurs en scène et des costumiers, fine silhouette prête à toutes les aventures, dissimulant sous toutes les audaces sa fragilité. Pour le costume, elle porte aussi bien les crinolines que les bikinis et quant à la mode, elle dit : « je m’habille au grès des voyages, aussi bien dans les grandes surfaces que chez les couturiers. »

Costume pour le rôle de la Reine de la Nuit dans l'opéra "La Flûte enchantée" de Mozart. Costumes de Jean-Marc Stehlé. Opéra de Paris, Palais Garnier, 2000.
Robe longue en pongé de soie bleu turquoise dégradé, décorée d'éclats de pierre. Larges manches. Grand col élisabethain et diadème en métal décoré de strass formant des étoiles. Répertoire ONP.

Jessye Norman est une soprano américaine. Son premier grand rôle est Elisabeth dans « Tannhäuser » de Wagner à l’Opéra de Berlin en 1969. Depuis, toutes les scènes d’opéras se la sont arrachée et ses apparitions sont toujours des événements, que ce soit pour des productions ou pour des récitals. Véritable icône du chant lyrique, surnommée « le Diamand noir », elle a souvent été sollicitée pour participer lors des cérémonies publiques aux Etats-Unis, et aussi en France comme pour la célébration du bicentenaire de la prise de la Bastille, le 14 juillet 1989, où elle chanta la Marseillaise drapée dans une robe tricolore, créée par le couturier Azzédine Allaïa.

Costume pour le rôle de Didon dans l'opéra "Didon et Énée" de Henry Purcell. Costumes de Pet Halmen à l'Opéra Comique 1984.
Grande robe tunique en soie changeante violette, avec traîne doublée de lamé or. Colletin en métal patiné or avec sequin. Étole en mousseline prude avec paillettes cuivre. Turban en soie changeante violet et lamé or, avec diadème en métal or et sequin. Coll. CNCS / ONP

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