Jun 10, 2015

Aux Tableaux !

9eme Concept

Résidence Exposition Ephémère

Le Projet :
Située en plein coeur de Marseille, entre la préfecture et le cours Julien, l’ancienne école Saint Thomas d’Aquin s’étend sur plus de 4500 m2  et regroupe tout un ensemble scolaire : maternelle, primaire, collège et lycée. Autrefois bastide « Flotte de la Buzine », ce remarquable bâtiment du XVIIIème siècle figure sur la liste des monuments historiques depuis 2013. Il a été baptisé Saint-Thomas d’Aquin en 1904 lors de sa reconversion en établissement scolaire. C’est dans cette école, fermée depuis 2012, que l’association Juxtapoz a choisi de coordonner une résidence artistique. L’exposition, ponctuée de diverses manifestations pluridisciplinaires, était ouverte au public de juin à octobre 2015.Alexandre d’Alessio, directeur artistique de l’évènement, a sélectionné une quarantaine d’artistes pour concevoir des oeuvres éphèmères à même les murs (salles de classe, cours extérieures, préau, etc). Issu du 9ème concept, ce dernier a imaginé une scénographie originale à travers 2 500 m2 d’exposition. En réponse à une demande croissante des artistes et du public, c’est un évènement unique offert à Marseille et destiné à tous, de 7 à 77 ans.Cette exposition est organisée par l’association JUXTAPOZ et soutenue par le collectif 9ème concept.

Artiste : Pedro Richardo

"Sens de la visite"

Dans une cage d’escalier vouée à un sens de circulation, Pedro Richardo propose deux sens de lecture à son oeuvre. Le premier, celui d’un être sensible qui grandit tel une plante vers une fin inéluctable, ponctué de rencontres avec les autres, et un second qui part de la peur pour aller vers la vie. Son travail basé sur un trait fait naître des formes en tension et oppose des couleurs tout en douceur, faisant naître un nouveau propos à tous les étages, selon le point de vue du visiteur.

Artiste : Clément Laurentin

"Salle de classe destandardisée"

Les élèves de cette classe de cours élémentaire ne veulent plus être considérés comme des moutons par un système scolaire incapable de prendre en compte la pluralité de leurs psychologies et modes d’apprentissage. Ils ont décidé d’y reprendre le pouvoir et ont entamé en conséquence une destandardisation générale de cette institution rigide qui n’a d’autre ambition que de les former selon les critères d’une société malade. Cette salle est à leur image, élémentaire, colorée, plurielle et ludique.

Artiste : Gilbert Mazout

"Imagine"

Mon école primaire, celle de mon enfance, s'appelait Jules Verne, un signe des temps modernes qui annonçait ma vocation d'artiste. L'oeuvre présentée dans cette salle de classe, est un hommage indirect à Jules Verne et à l'évocation fantastique et humaniste de ce créateur de génie ainsi qu'à John Lennon, avec une injonction plus qu'une invitation inscrite au tableau "imagine ..." C'est une vision de notre monde à l'échelle naïve de l'enfant que je suis resté, une narration à combiner où une ville tentaculaire surgit du ventre des sardines (nous sommes à Marseille), où des créatures fantastiques, telles ce monsieur Chewing­gum, arpentent la cité avec un sourire débonnaire, le pétrole coule à flot, les avions de chasse ou drones sillonnent le ciel, et la végétation se rebelle...
Toutes ces combinaisons racontent notre monde de l'intérieur et nous placent à l'échelle de l'enfance comme témoin, acteur, et narrateur de notre temps.

Artiste : LX.ONE

"La chambre bleue"

Bleu le ciel à travers les fenêtres de la classe,

Pour beaucoup synonyme de cage,

Cet élève attend que le temps passe,

Ses pensées, songes et envies d’ailleurs,

Rêveur de rencontres, d’expériences, de voyages,

Un jour a compris que l’école l’a rendu meilleur.


Artiste : Mattia Lullini

"Three ­Steps Revolution"

Mattia travaille l’abstraction de la forme, réunissant la géométrie et une belle harmonie de couleurs vives. Son travail en sculpture fait écho à sa peinture.


Artiste : Niark One

"Leave the kids alone"

L’idée était d’utiliser les murs (et en particulier la texture du papier peint) comme une sorte de feuille à dessin géante.
J’ai travaillé sur le support mural de la même manière que j’aurais travaillé et peint sur papier. Le tout est réalisé d’une manière très spontanée voir "freestyle" même si on peut reconnaître un de mes personnages récurrents issu de mon univers. Créer des formes, les redéfinir et les réinterpréter graphiquement pour en créer des personnages hétéroclites aux yeux multiples et aux dents acérées.
L’espace étant assez exigu (pièce de petite taille quasi cubique), il fallait garder des zones claires et vierges afin de laisser "respirer" la composition, malgré une partie dont le fond est totalement peint en noir afin de créer une sorte de tableau gigantesque sur lequel on pourrait penser qu’un élève se serait adressé directement à ses professeurs à travers les paroles d’une chanson de Pink Floyd "Another brick in the wall" : "Hey teachers ! Leave the kids alone !" (en gros : "hey les profs, foutez la paix aux mômes") afin de rappeler qu’il est important voire primordial de laisser développer l’imagination des enfants et de les laisser s’exprimer sans aucune règle établie et que finalement aucun mur ne peut entraver cela.

Artiste : Romain Froquet

"Somnium"

En entrant dans cette salle de classe, on se retrouve plongé dans un univers onirique ; la capture d’un instant figé, rendu dynamique par la ligne et les mobiles de livres. Le mobile rappelle l’enfance et le côté toujours un peu flottant des rêves. L’effet visuel de ces lignes en taille XXL qui partent et dessinent un parcours vertigineux et ces pages de livres incrustées qui sont autant de preuves de la réalité de cette expérience. L’artiste réinterprète le lieu à la manière d’un Mondrian ou d’un Dubuffet en assouvissant ainsi un rêve d’enfant de tout recouvrir de dessins et de coloriages. L’univers qu’il crée reste en totale adéquation avec le lieu car il est peuplé de matières et d’objets trouvés à l’intérieur même de l’école.
L’enfance est propice à la rêverie et aux divagations en tout genre. Ici l’artiste se projette dans ses propres songeries enfantines où il se remémore sa représentation de l’apprentissage et du caractère abstrait que représente la connaissance.
La transmission du savoir n’est pas vaine et demande une attention de tous les instants.

Artiste : Stéphane Carricondo

Stéphane Carricondo nous invite dans cette ancienne salle de classe à une réflexion sur l’école marquée par le magique, le sacrifice et le recueillement. Il propose de confronter énergies tribales et sens de l’ordre. Au centre, comme un grand planisphère, est peint un cercle bleu entouré de chaises d’école, dans un coin un grand triangle en profondeur. À travers les vitres, des portraits en vitrophanie représentent des enfants du monde entier qui semblent assister à un étrange rituel aux allures occultes. Sur les murs s’imposent de grandes formes, insolites silhouettes de corps de personnages ou d’animaux couleur d’ombre qui projettent leurs danses rituelles. Ses surfaces sont reprises au dessin, à la bombe aérosol et font paraître des petits bijoux qui ont l’allure de têtes réduites éclatantes comme des flammes.
Cette invitation à un grand sacrifice aux allures chamaniques semble nous interroger sur une lecture moderne des grottes de Lascaux et du mythe de la caverne.

Artiste : Stéphane Parain

"Onde de forme"

Toutes les formes émettent des ondes. L’action et la puissance de ces ondes dépendent de la forme elle­même. Une onde de forme est la propagation d’une perturbation produisant sur son passage une variation réversible des propriétés physiques locales du milieu. Inspiré de l’univers du décor, j’ai voulu construire une scénographie qui saisit toute la pièce, pour créer un espace immersif qui illustre ce phénomène. Faire apparaître des cristaux qui transpercent le plafond, est une tentative de montrer la force de l’architecture organique, sa complexité et sa finesse, l’onde de forme des cristaux.

Artiste : Pablito Zago

"L'école... géographie, biologie, mathématiques... un peu... mais pas seulement !"

Pablito Zago s’attarde sur tous les à­-côtés qui construisent un enfant pendant sa scolarité : tous ces longs moments d’ennui, les déambulations dans les couloirs, les premiers amours, les premiers fantasmes, les premières peines, le développement de l’imaginaire... Au travers d’un couloir de trois étages, entre comics et carnets de notes, Zago tente de mettre en valeur ces moments informels, hors enseignement, où au travers de l’école l’enfant développe son imagination, sa rêverie. L’école devient pour lui, l’endroit où le crayon et le stylo prendront une place prépondérante dans sa vie et son travail...

Artiste : Remi Rough

"Listen & Repeat"

L’oeuvre abstraite de cet artiste anglais est décomposée en deux parties intitulées "Listen & repeat", en référence à ses cours de français. Son "graffiti abstrait", un terme qui semble bien trop galvaudé pour décrire son travail, est une recherche perpétuelle de l’interaction entre la couleur et la forme. Remi Rough est l’un des premiers artistes à avoir apporté l’abstraction dans le milieu du graffiti.

Artiste : GoddoG

"Oneiros"

Durant mon parcours scolaire, lors des conseils de classe ou autres réunions de parents d’élèves, une phrase revenait régulièrement : "Votre fi ls est un bon élève, par contre c’est un rêveur, il est souvent dans la lune". C’était pas faux !
Vingt ans plus tard, ça n’a pas vraiment changé. D’ailleurs, ce n’est pas plus mal comme ça. Le projet Aux tableaux ! me donne l’occasion de vous faire découvrir les multiples voyages oniriques que j’ai pu traverser durant cette période.

Artiste : Virginie Amo Biondi

"Sur le chemin de la sieste"

Je me suis occupée, dans cette exposition, de l’escalier reliant les classes de l’école maternelle. Il dessert deux salles très ludiques réalisées par Goddog et Olivia de Bona, il était pour moi donc très important de faire une peinture très colorée et féerique. J’ai voulu amener les spectateurs à l’installation d’Olivia de Bona par un chemin un peu surnaturel, où les animaux de la forêt sont représentés, pour que leur imaginaire commence petit à petit à s’installer et les prépare peu à peu à la sieste, et au monde des rêves.

Artiste : Olivia de Bona

"L’heure de la sieste"

C’est l’heure de la sieste dans la classe de maternelle de mademoiselle Juliette. Elle raconte l’histoire qu’ils ont inventée : "c’est l’histoire de petits d’hommes qui visitaient une école abandonnée..." Et si c’était nous les visiteurs qui étions sortis tout droit de leur imagination?

Artiste : Tabas

"Old School"

"Old school": expression utilisée notamment dans le milieu hip­hop en référence au début des années 1980, période de naissance du mouvement graffiti.
Revanche prise sur ce terrifiant tableau noir de nos années d’écolier.

Artiste : Jerk 45

"L’école"

La bête représente l’école. On y pénètre par l’arrière. À l’intérieur on apprend plus ou moins de choses dans différentes matières.
Et on en sort par le toboggan qui nous projette dans la vie active.


Artiste : Theo Lopez

"Evasion"

Travailler dans une cour de récréation n’est pas un exercice évident, c’est même un contre­sens. J’ai donc décidé de détourner des éléments stricts d’architecture scolaire (portes, tables, rangements...) pour en faire un terrain de jeu. La cour de récréation est, selon moi, un des premiers espaces de création.
Les enfants y apprennent à s’exprimer, à communiquer, à se positionner les uns par rapport aux autres, par rapport à la société et la loi représentée par l’autorité scolaire. Mais c’est avant tout là qu’ils apprennent à s’évader ! Après avoir emmagasiné beaucoup d’informations en classe, dans laquelle on tend à les transformer en bons citoyens en leur inculquant les codes nécessaires à leur bonne évolution dans le monde des adultes, ils sortent dans la cour et continuent à être des enfants ! Ils s’inventent et se racontent des histoires, jouent des rôles, regardent le ciel et s’exilent de cette école qui veut en faire de bons adultes de plus en plus tôt.
J’ai représenté cette évasion par une chimère mi­homme mi­loup qui flotte dans un univers parallèle (la projection d’un enfant qui s’identifie à un personnage fictif). Elle détourne les codes scolaires et sociaux (représentés par l’installation de lignes droites et d’angles) qui tentent de l’enfermer pour en faire un monde onirique et abstrait, son propre monde. J’invite tous les spectateurs, petits et grands à se mettre à la place du personnage central et à se raconter une histoire pour tenter de retrouver leur âme d’enfant.

Artistes : Alias Ipin! & Toto

"Le Platane"

Le platane est l’élément récurrent de nos cours d’école. L’arbre universel des compétitions de billes ou le point de départ de référence des 1,2,3 soleil. Ici il masquait partiellement le mur que nous devions peindre. Comme de la contrainte vient la création, nous avons imaginé de mettre l’arbre au centre de cette création. Le mur est son arrière plan, un jeu d’anamorphose a été créé entre les deux éléments pour que les deux plans interagissent. Les centres des cercles peints s’assemblent avec les noeuds des ramifications de l’arbre qui symbolisent l’énergie vitale de l’arbre, la croissance de l’être, les changements de direction de la ramure ou de la vie. Le triangle inférieur a une place particulière dans la superposition des deuxplans, il souligne le premier choix de l’existence, celui où les routes se séparent.
Dans le sens inverse, les ombres portées des branchages sur le mur nous intéressaient, un fond matiéré et graphique suffisait pour habiller cet espace que les ombres viennent habiter naturellement et mettre en mouvement. La géométrie de la façade est également troublée par ce triangle du bas qui casse le côté plane du mur et ouvre une nouvelle perspective, on peut peut-­être y voir la forme d’un livre ouvert. C’est l’arbre de la connaissance où se croisent les idées et les savoirs. Ou, peut-­être que l’on peut y voir une flèche qui pointe vers les cimes de l’arbre, comme un cap à atteindre, bien au delà du mur... Et tout cela peint avec des outils pour grands enfants !

Artistes : Neurone & Hasart

"Dilemme"

Entre lumière et obscurité, entre couleurs vives et nuances de gris, cette oeuvre est la représentation du contraste entre le bien et le mal, l’image de nos premiers pas dans la cour de récréation, nos premiers choix, bons ou mauvais. Sous la forme d’une chimère à deux visages s’extirpant du mur, comme pour vous confronter au dilemme, cette oeuvre est le fruit de l’étroite collaboration entre deux artistes marseillais NeurÖne et Hasart.

Artiste : Joan Ceccaldi

"Cargo, l'échappée belle"

Un doux rêve, transporter Marseille et son chaos urbain à travers les mers. Pour beaucoup de marseillais on ne peut quitter cette ville sauf à l’emmener avec nous. Marseille terre d’accueil, ici c’est elle qui part. Les créations de Joan Ceccaldi à partir d’images photographiques travaillées, destructurées et recomposées s’articulent autour du thème de Marseille qu’il veut sortir des clichés habituels. La ville est revue à travers ses différents aspects mettant en lumière bâtiments connus, monuments anciens et créations urbanistiques actuelles. Le désordre ambiant attaché à l’image de Marseille et des marseillais est évoqué par le chaos apparent des images dont, a contrario, l’analyse montre une composition à l’architecture rigoureuse.

Artistes : Bleu Noir

Un univers partagé entre trois artistes et tatoueurs du shop de tattoo Bleu Noir : Franck Pellegrino, Veenom et Mast Cora. Dans une esthétique typique du tatouage gothique, Veenom impose son style avec le dessin d’un crâne rieur. Franck Pellegrino axe un travail sur la typographie en reprenant ici une archive emblème de la Flotte de la Buzine (ancien nom du bâtiment principal). La peinture de Mast reflète une scène de vie de la jeunesse de façon abstraite et illustrée.

Artistes : Heng, Remy Uno

"On se souvient quand même de quelques trucs"

Une salle de classe a pour objet, a fortiori, le déroulement d’un cours, par un professeur, censé enseigner une matière dans le respect des programmes de l’éducation nationale, à des élèves dont les prérogatives se limitent au dossier d’une chaise et au dernier angle d’un bureau.
La grande forme blanche à l’entrée, dont la rigueur clinique fait écho aux barèmes et coefficients permettant de situer algébriquement les humains d’une même classe d’âge, parle de ça. Une fois ce sujet évacué, c’était chiant en plus, est­ce que vous vous rappelez du reste ? Ces moments d’ennui à rêvasser comme un berlaud (cf : cruche, nigaud... C’est une classe aussi, alors si on peut apprendre un truc...), à fantasmer sur Magalie ou la prof d’espagnol (nb : vous pouvez remplacer les prénoms ou les matières, c’est super libre là), à gribouiller sur sa copie double... Bref, à être partout sauf dans cette classe ? Si, hein ... Entre le prof d’histoire (toujours modifiable...) et les dates de la Régence (1715­1723), Sérieusement... Le reste de la pièce parle de ça.

Artiste : Jace

Après la barbarie de la seconde guerre et avant les crises et les convulsions de la fin du siècle, les années 60 et 70 donnèrent à voir aux jeunes élèves, à travers des planches d’élocution destinées à développer le langage oral, des scènes archétypales caractéristiques des mentalités de l’époque. Lesquelles ? Un sourire éternel accroché au coin des lèvres, blonde lisse et permanentée, la femme disparaît derrière la Mère, l’Unique, reine fourmi du foyer, pourvoyeuse de tendresse, sans relief et sans état d’âme, dévouée corps et âme à son rôle de servir l’Homme puissant et ses désirs. Confinée "à l’intérieur", elle a le devoir d’élever les enfants dans une morale bien­pensante, conformiste et lisse. L’Homme, "le Père", le "chef de famille", assigné à des tâches bien plus nobles, nécessaires à sa détente et son équilibre de mâle dominant qui rapporte au foyer le fruit de son labeur quotidien, conduit une belle voiture, pratique des sports virils, aime chasser avec de bons camarades... Il est sérieux, responsable, et carriériste car enfin c’est sur ses épaules solides que repose l’avenir de la sainte famille. S’il est "dehors", lui, ce n’est pas pour se divertir au zoo avec ses enfants mais pour construire un projet et faire grandir la nation ; il est l’Autorité que lui confèrent naturellement ses génitoires comme l’uniforme du gendarme donne à celui qui le porte le devoir d’incarnation symbolique de la loi incontestable ; l’école est le lieu d’apprentissage de ces rôles à construire pour mieux... Les reproduire et servir au grand dessein d’une nation puissante. Alors ? Bien sûr ces images sentent la naphtaline et le mythe poussiéreux. Elles donnent à rire quant aux représentations figées du passé. Ne donnent­-elles pas à réfléchir quand l’artiste y introduit insidieusement et volontairement un grain de sable dans ce mécanisme huilé ? Presque 40 ans après, ces détournements du message par l’image nous permettent de prendre conscience des conséquences parfois désastreuses à présenter un monde artificiellement rayonnant et dévidé des pulsions qui, ignorées ou refoulées, finissent inévitablement par exploser sur le théâtre de la vie quotidienne, c’est à dire NOTRE vie. De la mère dévorante à la menace totalitaire, de "l’Homme monstre" jusqu’aux nains rieurs... Jace remet au coeur des scènes idylliques la vérité de l’être de chair. Pour en rire tendrement ou pour en grincer des dents.... Juste un glissement pour nous aider à comprendre que le déni qui s’enseigne est évidemment politique mais aussi qu’il engendre au mieux des désenchantements et au pire un immense chaos individuel ou collectif. JACE ou l’art de dynamiter un édifice sans faire de bruit... OUI, définitivement, nous ne sommes pas à Disneyland.

Artiste : Stephane Moscato

"2H (de plus) à tuer"

Sa religion ? Le rock’n’roll. Son principal défaut ? Sa jeunesse rebelle... Ce qui lui vaudra 2 heures de plus que les autres en cette fin de journée. 2 heures à tuer. Bref on n’est pas sérieux quand on a dix­sept ans... Depuis le bureau de la prof saisissez l’étendue de son échappée solitaire... De l’autel du "Rock à 2 temps" jusqu’aux "vitraux grattés", à travers une noirceur à l’huile de vidange à couper au couteau, le mouvement de la jeunesse s’étale là....
Mais rassurez-­vous "tant qu’il y a du noir il y a de l’espoir" !

Artiste : Rahul Mitra

"Box City"

Son projet actuel "Box City" est une installation qu’il réalise dans la rue avec un public, généralement dans des communautés exclues de la société (dans les bidonvilles, les communautés de réfugiés politiques et également au sein des communautés d’artistes). Il nous livre ici un exemple d’installation à laquelle des enfants ont participé.
Sur le mur, c’est un autoportrait composé d’éléments rappelant ses recherches scientifiques sur le cancer ovarien.

Artiste : Matthieu Dagorn (Lapinthur)

"Conseil de discipline"

"Élève en difficulté, indiscipliné, inattentif, distrait, perturbateur, pas concentré, peut mieux faire, ne peut pas tomber plus bas, redoublement envisagé... Convocation des parents par le professeur principal".
Telles étaient les appréciations que je pouvais recevoir. L’école est un combat pour de nombreux élèves.
Inadaptés ! Ce ne sont pas les élèves, mais le système éducatif. Où se trouve la place de l’individu, de l’originalité, de la création, la différence ? Conformiste, conditionné, intransigeant, autoritaire, répressif...
Sans parler des alternatives proposées par les conseillers d’éducation. Toujours plus, plus haut, monter, s’intégrer.
L’école nous veut aux normes, calibrés comme un produit pour être mis sur le marché du travail. Un produit parfait, à la bonne couleur, la bonne taille, qui brille. Je suis un fruit sauvage, un chardon, inconsommable, brut, authentique, qui suit mes envies.J’étais le dernier, en bas, mais le sol n’est pas si loin et l’essentiel n’est­il pas de garder les pieds sur terre et la tête dans les nuages pour vivre avant de mourir ? Mes valeurs et mon éducation, ce sont mes parents qui me les ont données... Pas l’école.
La rigueur je l’ai trouvée dans ma passion... Pas à l’école. La qualité c’est le 9ème Concept qui me l’a enseignée... Pas l’école.
L’enfant est pureté, originalité, puissance, créativité, épanouissement, soutien et écoute.
Nous n’avons jamais fini d’apprendre. Nous sommes en perpétuelle évolution. Rien n’est jamais acquis. La vie est la seule école et il n’y a pas de diplôme.
À mes parents, merci pour tout.

Artiste : Ned

Dans ma pièce, il y a d’un côté le monde spirituel. Une sorte de sainte trinité représentée par trois triangles qui contiennent les trois plans architecturaux d’églises les plus référentes en France (une église cistercienne à gauche, une église romane au centre, et une église gothique à droite). Les plans contiennent un esprit pensant (une tête si on peut dire).
Ces têtes sont incarnées par des triangles en relief remplis de motifs entrelacés comme des cerveaux. Elles rayonnent d’ondes vibratoires, comme des prismes énergétiques. Ces "esprits" ne sont pas à la même hauteur et reconstituent ainsi le signe de croix (le père, le fils, et le Saint ­Esprit). Le Saint­ Esprit est le plus grand mais aussi le plus responsable, c’est pour cela qu’il pleure des larmes de sang. Par rapport à l’école Saint­ Thomas D’Aquin, j’évoque donc l’enseignement religieux qui était pratiqué dans ce lieu.
De l’autre côté, le monde cartésien. Un monolithe polygonal géant. Émissaire du monde mathématique, de la géométrie et des sciences. Il est incrusté de formes tribales mélangées à des trames de motifs du moyen­âge, des arabesques ou autres entrelacs. Ces frises végétalo­ethniques puisent leur énergie du sol, telles des racines, et la restituent par l’intermédiaire des pointes du polygone et des diamants peints aux murs autour de lui. C’est une autre forme d’enseignement pratiquée à l’école. Le spectateur qui entre au centre de la pièce se retrouve donc au milieu de ces deux formes de pensée se faisant face, mais qui sont complémentaires. Un triangle au sol les rejoint pour dialoguer frontalement. Sinon le contact peut se faire par le "fil rouge" tendu sur les cotés pour rejoindre les deux entités. Sur les murs transversaux on peut apercevoir des dessins de traités de perspective. Ils font aussi le lien car il existe toujours des passerelles invisibles entre les mathématiques, les tracés régulateurs, et la géométrie sacrée. La physique quantique peut ainsi rejoindre des préceptes philosophiques et religieux.
C’est finalement une certaine réflexion sur le monde de l’enseignement et ce que l’on peut en faire par la suite dans sa vie. Une perception des formations reçues par nos aïeux, mais aussi par les choses que l’on ne contrôle pas. Le tout régi par les lois universelles du cosmos que l’être humain essaie en vain de comprendre et maîtriser, sans trouver de réponses.

Artiste : Jean Faucheur

"Le dernier repas"

Cette oeuvre "parle", dans ce lieu symbolique qu’est "l’école Saint­Thomas d’Aquin", de la relation du Maître au disciple .
La figure tutélaire du Christ est ici effacée, absorbée et irradiante et nous renvoie l’image de notre vraie nature : informe, intemporelle, sans direction ni signification, sans projection ni fixation. Elle est Rien. Ce Rien qui apparaît quand naît le "Je suis". Les visages qui entourent cette figure christique (qui n’est pas sans rappeler les impossibles représentations de Mahomet au visage invisible), figurent nos multiples postures mentales, les "Je suis Ceci, Je suis Cela", qui figent notre place dans le monde. Le Maître nous renvoie cette projection.
Dans cette installation nous sommes face à nos projections, dans un monde fermé, noir et blanc, aux limites de l’angoisse. Si ce n’était cette mer orange sous nos pieds...

Artiste : Alexandre D’Alessio

"Walk the line"

Au travers d’un parcours narratif, Alexandre D’Alessio décompose les éléments principaux qui composent sa peinture.
Sortie du néant, sa ligne traverse et emporte avec elle les éléments nécessaires à sa création, présentés sous la forme de trois cabinets de curiosités, l’Histoire de l’art, la couleur et le travail de la ligne.
Ainsi "chargée", elle finit par donner vie à sa peinture, volontairement empreinte d’inachevé, comme si on avait suspendu le temps, figé l’impulsion de la création, pour en étudier son essence. Les bureaux de science nous rappellent que le processus de création de l’artiste est une suite d’expériences et de recherches, et placent l’artiste comme un éternel élève, qui ne doit jamais considérer sa formation terminée pour repousser les limites de son art.

Artiste : Russ

"Ce que tout le monde appelle "éducation" est une machine à fabriquer des soldats de l'économie et non de futurs êtres humains accomplis, capables de penser, de critiquer, de créer, de maitriser et de gérer leurs émotions. (...)"

Artiste : Christian Borde

Un petit enfant japonais est encore heureux d’aller à l’école.
Las pinturitas est heureuse de peindre tous les jours en face de sa maison de retraite, elle n’est jamais allée à l’école.
Mouvements vers le dehors.
Évasion. Rêve. Liberté.
Rencontre avec des anciens élèves qui ont fait un passage à l’école. Cabossés par la vie.

Artistes : Les Suzzies

Dans cette classe, on cherche à vous immerger dans un petit monde onirique, qui pourrait être l’intérieur de la tête d’un écolier. Un écolier un peu différent, qui ne manque pas d’humour noir et d’ironie. Influencées par des dessinateurs comme Crumb ou Jim Philips, par les dessins de Mathis comme le tattoo, on ne cherche pas à provoquer, tout ça c’est notre univers. On veut mêler et relier visuellement les différentes facettes de notre personnalité, de la plus poétique à la plus désaccordée, mixer la tendresse et la rage dans un flot de couleurs et de formes.
Les motifs ou les personnages, on les utilise comme des patterns ; à chaque nouvelle peinture on écrit un bout de leur histoire, comme une bande dessinée géante où chaque mur serait une case.

Artiste : Lili B

"Fantômes"

Le seul bruit du vent dans les arbres de la cour, un rayon de soleil poussiéreux au travers d’un carreau brisé. Des couloirs désertés, le temps, suspendu. Des armées d’avions de papier, le bruit de la craie sur le tableau noir, des envies d’évasion entre deux lignes de dictée, des billes qui roulent dans les poches, des lettres couchées par milliers et des rêves d’enfants enfouis au fond des casiers. Autant de chimères emprisonnées entre quatre murs et le silence, empreint de nos souvenirs d’écoliers. L’école est fermée.

Artiste : Leila Rose Willis

"Crystallize"

L’installation in situ se constitue d’une multitude de "pouet­ pouet, "cocottes" ou "piou­piou", pliage, ­jeu d’enfant se déployant au sol. Chaque élément joue avec les lignes et les motifs du carrelage ancien ainsi qu’avec les croisées d’ogives du plafond. La forme géométrique qui se dessine évoque également la rosace et l’architecture sacrée, écho au caractère religieux des lieux.

9ème Concept
Credits: Story

REMERCIEMENTS

Vous avez été nombreux à nous soutenir et avez tous contribué à la réussite de l’évènement Aux Tableaux ! Cette expérience artistique, à la fois professionnelle et humaine, n’aurait pas eu le même charme sans vous. Un grand merci.

Un remerciement tout particulier au 9ème Concept grâce à qui l’aventure s’est concrétisée. Merci à tous nos autres partenaires et collaborateurs pour votre confiance, votre engagement à nos côtés et votre soutien à la création culturelle : DESPERADOS, Beaux-Arts Magazine, Boesner, la Congrégation des Dominicaines du Saint Nom de Jésus, le Conseil Général des Bouches-du-Rhône, la DRAC PACA, Dreadlocks.13, Graffiti Art Magazine, IOT records, Liquitex, Nacarat, l’Office De Tourisme de Marseille, Radio Nova, la Région PACA, Tollens, Ventilo, la Ville de Marseille.

Bravo à toute l’équipe bénévole et salariée, les amis, les familles. Vous vous êtes plus qu’investis et nous avons eu la chance de vous avoir à nos côtés. Un immense merci à : Adèle, Adri, Alexandra Blanc Véa, Anaïs, Anna, Anto, Aurel, Aymeric, Bambou, Belle, Cat, Clément, Coco, Davy, Elo, Fax, Francesca, Jeff, Julien, Lillie, Lisa, L’Oncle, Louis, Louna, Manon, Mag, Marie, Mel, Mila, Mline, Nano, Nico, Orelee, Pablo, Pascale, Samir, Simon, Soeur Marie-thérèse, Titi, Val, Virginie, Vivi, les enfants de l’école Leverrier, nos parents. Un remerciement tout particulier à Clément Laurentin pour la création de notre charte graphique, Joan Ceccaldi pour l’atelier de sérigraphie, Gilles Rof pour l’écriture de la préface du livre, Fran et Sarah pour la réalisation du documentaire, Belle pour ses conseils précieux en production et Twix pour la mise en page de ce livre.

Et bien sûr, un énorme merci aux artistes :
Alexandre D’Alessio, Alias Ipin & Toto (fatpoch), Virginie Amo Biondi,
Olivia de Bona, Christian Borde, Stéphane Carricondo, Joan Ceccaldi,
Jean Faucheur, Romain Froquet, Goddog, Hasart & NeurÖne, Heng, Jace, Jerk 45, Lapinthur, Clément Laurentin, LiliB, Théo Lopez, Mattia Lullini, LX One, Mast Cora, Gilbert Mazout, Rahul Mitra, Stéphane Moscato, Ned, Niark1, Stéphane Parain, Franck Pellegrino, Pedro Richardo, Remi Rough, Russ, Les Suzzies, Tabas, Remy Uno, Veenom, Leïla Rose Willis, Pablito Zago.
Vous avez créé une oeuvre remarquable et avez émerveillé le public du 10 juin au 10 octobre 2015. Nous savons le temps et l’investissement (bénévole) que le projet vous a demandé, nous vous devons le succès de l’exposition Aux Tableaux !

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