Nov 26, 2015

Un monde de Marionnettes

Maison des Cultures du Monde

La transformation du guignol lyonnais en théâtre pour enfants a depuis longtemps fait oublier au public français la vocation sociale et éducative de ce théâtre de marionnettes créé par un canut au chômage en 1808. Depuis, et malgré un léger regain de cette expression dans la création contemporaine, le théâtre de marionnettes demeure en France le parent pauvre des arts du spectacle. Il en va tout autrement dans la plupart des autres cultures et civilisations où elles sont considérées comme des créatures magiques, détentrices de pouvoirs insoupçonnés à l'image des héros ou des divinités qu'elles incarnent. Véritables oeuvres d'art, ces marionnettes témoignent d'une extraordinaire diversité dans leurs techniques de fabrication et de manipulation, qu'elles soient à gaine, à tige, à fils, ou même sur caisse comme certaines marionnettes d'Afrique de l'ouest, ou sur eau au Vietnam. Les théâtres d'ombres, présents notamment en Asie, offrent à leur tour une variété infinie de formes colorées. Cette exposition permet d'offrir un riche tour d'horizon grâce à la présentation de photos et vidéos tirées de plus d'une trentaine de spectacles organisés à la Maison des Cultures du Monde

Manipulation en élévation
Le marionnettiste se place sous les poupées et les manipule par le dessous, debout ou en position assise. Commençons par la marionnette à gaine, sans doute la plus connue, et poursuivons par les marionnettes à tige puis sur caisse.
Marionnettes à gaine
Les marionnettes à gaine sont constituées d'une tête en bois surmontant un costume dans lequel le manipulateur glisse sa main.

Le théâtre traditionnel chinois de marionnettes à gaine s'appelle budaixi ou «théâtre du sac de toile» en référence à la poche que forme le costume de la marionnette permettant d'y glisser la main.

Il est apparu dans les provinces du sud au XVIe siècle et a atteint un grand raffinement car sa fonction première était de divertir les divinités.
Les pièces ou les saynètes suivent le modèle de l'opéra chinois, même si les marionnettes sont antérieures à ce dernier, et mettent en scène des légendes, des épisodes de romans historiques, des mélodrames.

Le petit castelet, en bois sculpté et doré, est fixé à un échafaudage. En fond de scène est tendue une toile qui dissimule les manipulateurs.

L'orchestre se tient derrière le castelet et comprend quatre ou cinq musiciens. Le chef d'orchestre donne le rythme avec le tambour et des cliquettes en bois.

Les marionnettes mesurent une vingtaine de centimètres. Elles sont fabriquées par des sculpteurs spécialisés dans la statuaire religieuse, auxquels les marionnettistes donnent leurs instructions.

Le bois utilisé est le camphrier suffisamment dur pour résister aux chocs et aux chutes. Le gros travail du sculpteur réside dans la fabrication de la tête car il faut souligner les traits caractéristiques du visage.

Le budaixi a aussi joué un rôle pédagogique en diffusant un savoir historique, un système de valeurs telles que la loyauté, la bonté, le respect des aînés.

Les troupes, il en existe encore quelques-unes aujourd'hui, étaient familiales et itinérantes, louant leurs services ici et là au gré des demandes.

Le maniement des marionnettes est délicat et requiert une grande dextérité. Les dialogues en taïwanais constituent une mémoire vivante des modes de pensée, proverbes, dictons et expressions populaires propres à ce dialecte.

Depuis ce jour de 1976 où il a créé sa troupe après une longue formation auprès des maîtres de marionnettes à gaine traditionnels, Liao Wen-ho ne cesse de conquérir de nouveaux publics.

À chacune de ses représentations, on se presse devant le long castelet pour découvrir sa dernière trouvaille visuelle ou pyrotechnique.

Liao Wen-ho est un maître, peut-être plus traditionnel qu'on ne le pense, car si l'esprit de la tradition c'est aussi de savoir s'adapter à l'air de son temps et à un contexte social et culturel en perpétuel renouvellement, c'est exactement ce qu'il fait: recevoir, créer, transmettre.

Marionnettes à tige
Inspirées des marottes (simples têtes posées sur des bâtons habillés), l'ajout de tiges à d'autres parties du corps permettent d'animer plus subtilement le personnage.

Les Hun Lek ou petites marionnettes. Avant le règne de Rama V, le public contemplait, avec le même intérêt patient, les danses hiératiques et les longs drames des acteurs et des marionnettes royales.
En 1876, le roi remet à l'honneur un style de marionnettes (un peu oublié), plus petites et plus aisément manœuvrables.

Le public de la cour et de la ville s'enthousiasme pour l'allure vive des Hun Lek, fait d'armatures légères et de toiles. Le répertoire est celui du Ramayana.

Chaque marionnette possède un jeu de seize fils, destinés à des mouvements subtils des articulations. Le manipulateur s'attache un ou plusieurs fils à chaque doigt et doit faire preuve d'une grande habileté.

Dans l'état du Kérala, au sud de la péninsule indienne, une vieille dame manipule des marionnettes de bois qu'elle tient en équilibre sur ses lèvres.

Elle serait la dernière à maîtriser cette technique tout à fait particulière et unique au monde.

Le Ramayana a donné lieu à une création originale du suédois Michael Meschke.

Mélange insolite de réflexion et de technique occidentale sur la grande épopée de l'hindouisme, un des plus beaux contes colorés de l'Asie.

Marionnettes sur caisse
Sorte de marionnette habitable, le marionnettiste entre dans le castelet pour le déplacer et actionner les mécanismes des statuettes.

Le Kwagh Hir, lié à la vie sociale, possède encore un fort signifiant symbolique. Il est constitué d'une succession de petites scènes dansées, masquées, ou interprétées grâce à des marionnettes sur caisse (uniques au monde).

Le Kwagh Hir joue sur l'effet de surprise des villageois, sur la virulence de la satire sociale mais aussi sur la nécessité d'informer, d'éduquer et sur la mise en garde des apparences.

Shimangi: Cette scène de marionnette sur caisse célèbre les vertus du travail. Un homme râpe des tubercules de manioc pour en faire de la cassave.

Manipulation en surplomb
Le marionnettiste dirige ses figurines par le dessus, en se plaçant à l'arrière du castelet. Les formes principales sont les marionnettes à tringles et celles à fils.
Marionnettes à tringle
L'animation s'effectue au moyen d'une tringle métallique attachée sur la tête à l'aide d'un anneau. L'ajout d'articulations et de tringles supplémentaires permettent de diversifier les mouvements.
Marionnettes à fils
Les fils de la marionnettes sont attachés à une poignée de contrôle. Chaque mouvement souhaité nécessite d'ajouter un nouveau fil (au genou, au bassin…) selon une stratégie bien définie pour en faciliter la manipulation.
Manipulation latérale
L'animateur se place au même niveau que ses marionnettes, à côté ou derrière elles. La forme la plus connue de cette tradition est celle des marionnettes portées du Japon. D'autres pratiques tout à fait différentes utilisent une manipulation latérale, comme les marionnettes sur table ou celles sur eau du Vietnam.
Marionnettes portées
L'animateur se place au même niveau que sa marionnette, dans un véritable corps-à-corps, et se rend plus ou moins invisible selon les besoins de son histoire. Elle peut atteindre la taille d'un homme et nécessite parfois d'être manipulée par plusieurs personnes.
Marionnettes sur table
Le marionnettiste est visible à côté ou derrière sa figurine, et la fait se mouvoir à l'aide d'un mécanisme.
Marionnettes sur eau
Ces marionnettes sont sculptées dans un bois suffisamment léger pour pouvoir flotter. Elles sont mises en mouvement par de longues perches, parfois complétées par un système de câbles et de claviers, les manipulateurs devant s'immerger jusqu'à la poitrine.
Théâtre d'ombres
Le théâtre d'ombre se distingue des autres formes de marionnettes par la présence d'un écran. Les figurines sont donc plates et apposées sur l'arrière de l'écran qui, éclairé par derrière, projette alors leurs ombres.
Manipulation par dessous
Les personnages sont faits dans des pièces de cuir très fin, ce qui permet d'utiliser la transparence et l'ajout de couleurs. Des baguettes sont plaquées contre la silhouette afin de la faire mouvoir par dessous.
Manipulation par derrière
Les baguettes ne sont pas plaqués contre les personnages mais fixés de façon perpendiculaire. Certaines figures comportent plus ou moins d'articulations qui sont alors mises en mouvement par l'ajout de baguettes supplémentaires.
Credits: All media
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