Notre histoire commence haut sur une montagne de l'ouest du Canada
Sur cette hauteur, le pin à écorce blanche tient tête aux éléments : des vents forts, des températures extrêmes et du terrain exposé. Cet arbre robuste prospère là où peu d’autres essences arrivent à survivre. C’est un battant.
Rencontrons le pin à écorce blanche
Avez-vous déjà vu un pin à écorce blanche? En avez-vous examiné les aiguilles – des grappes de cinq pointes? Pour de nombreuses personnes, la réponse est « non », simplement parce que cet arbre pousse dans des endroits reculés. Malgré tout, nous avons tous un lien quelconque avec le pin à écorce blanche.
Le pin à écorce blanche joue un rôle clé dans les écosystèmes de montagne. Il crée un habitat, stabilise le sol et retient la neige. C’est donc dire que, au printemps, le pin à écorce blanche ralentit la fonte des neiges et réduit les risques d’inondation. Ainsi, même si cet arbre pousse bien haut dans les montagnes, il rend service aux humains et aux animaux sauvages qui habitent dans le creux des vallées. Et ce n’est pas tout...
Les cônes du pin à écorce blanche sont la source de nourriture par excellence! À l’intérieur, il se cache des graines nutritives, remplies de protéines et de matières grasses. Un grand nombre d’animaux en dépendent, par exemple les ours, les écureuils et les oiseaux. Une espèce d’oiseau en particulier, le cassenoix d’Amérique, ne fait pas que manger les graines. Sa relation avec le pin à écorce blanche est étonnante, unique et importante pour la survie de l’arbre...
Cassenoix d'Amérique et pin à écorce blanche par Parcs CanadaParcs Canada
Si le pin à écorce blanche disparaît, nous perdrons beaucoup. Et c’est ce qui pourrait arriver : l’espèce est actuellement en voie de disparition et exposée à de multiples menaces! C’est pourquoi des employés de sept parcs nationaux administrés par Parcs Canada unissent leurs efforts pour contrer ces menaces et venir en aide au pin à écorce blanche.
Lieux de surveillance du pin à écorce blanche dans les parcs nationaux des montagnes du Canada (2021-07-08), Nicole Yeung et Parcs CanadaParcs Canada
Whitebark Pine Monitoring Sites
A topographic map shows the seven mountain national parks in Canada: Jasper, Banff, Yoho, Kootenay, Waterton Lakes, Mount Revelstoke and Glacier. Tree symbols mark the locations of long-term health monitoring sites for whitebark pine.
La menace la plus meurtrière: la rouille vésiculeuse du pin blanc
Cette maladie causée par un champignon envahissant tue de nombreux pins à écorce blanche des Rocheuses et de la chaîne Columbia. Le champignon s’en prend d’abord aux aiguilles et se propage, attaquant les tissus et perturbant le flux des nutriments. Les vésicules – des ampoules de couleur orange sur l’écorce – sont un signe d’infection.
Certains pins à écorce blanche semblent résister naturellement à la rouille vésiculeuse, mais ils sont peu nombreux. Dès qu’il en repère un, Parcs Canada passe à l’action. Un des membres de son personnel grimpe jusqu’à la cime pour fixer des cages protectrices autour des cônes. Nous voulons empêcher les cassenoix d’Amérique de s’emparer des précises graines qui se trouvent à l’intérieur!
Semis d'espoir
Lorsque les cônes arrivent à maturité, nous en prélevons les graines. Certaines sont expédiées à des pépinières, où elles germeront pour former des semis, tandis que d’autres sont conservées dans une banque de semences. Dans les pépinières, il faut s’armer de patience. Les minuscules semis sont soumis à de multiples essais qui permettent de vérifier à quel point ils sont résistants à la rouille vésiculeuse.
Plantation de pins à écorce blanche avec des racines exposéesParcs Canada
Préparation et plantation de semis de pin à écorce blanche avec exposés
Des membres du personnel de Parcs Canada se préparent à planter des semis de pin à écorce blanche aux racines exposées dans le parc national Jasper.
La rouille vésiculeuse du pin blanc n'est pas la seule menace
Bien qu’ils nous donnent de l’espoir, ces semis résistants à la rouille vésiculeuse doivent encore survivre à d’autres menaces : le dendroctone du pin ponderosa, les effets de la suppression historique du feu et le changement climatique. Ici encore, Parcs Canada vient en renfort.
Pour protéger le pin à écorce blanche contre les assauts du dendroctone du pin ponderosa, nous avons notamment recours à des signaux chimiques. Notre personnel fixe de petits sachets aux arbres, et les substances chimiques qui se trouvent à l’intérieur communiquent avec les insectes. Elles leur disent essentiellement : « C’est complet – Allez voir ailleurs! »
Nous venons en aide au pin à écorce blanche par un autre moyen, la gestion des incendies et les brûlages dirigés. Le feu fait partie intégrante des écosystèmes de montagne et procure de nombreux avantages au pin à écorce blanche. Par exemple, il élimine les autres essences qui lui font concurrence et crée des clairières qui attirent les cassenoix d’Amérique. Les paysages ainsi façonnés par le feu créent un habitat de qualité pour le pin à écorce blanche.
La plantation de graines contribue aux objectifs de restauration à long terme
Tout le travail accompli par Parcs Canada à l’appui du pin à écorce blanche s’inscrit dans des objectifs de rétablissement à long terme. Par exemple, depuis le moment où un nouveau semis est planté dans le parc, il faut compter plusieurs décennies avant que l’arbre arrive à maturité et produise ses propres cônes.
Le rétablissement du pin à écorce blanche nécessite du temps et beaucoup de travail. Parcs Canada a mis le processus en branle et entend continuer d’agrandir son réseau de mains secourables. Ensemble, nous pouvons protéger le pin à écorce blanche pour les générations futures.
Enfant et jeune pin à écorce blancheParcs Canada
Enfant avec des jeunes arbres de pin à écorce blanche
On peut voir un enfant accroupi près d'un jeune arbre de pin à écorce blanche devant une sculpture de pommes de pin à écorce blanche au terrain de camping Snowforest dans le parc national du Mont-Revelstoke.
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