Claude Debussy est né le 22 août 1862 dans cette maison. Ses souvenirs de famille, ses affinités artistiques et les objets personnels propices à son inspiration musicale sont exposés. Ils permettent ainsi de mieux faire connaître ce grand compositeur auquel de nombreux artistes rendent encore hommage.

Portraits de Claude Debussy

Ce portrait a été peint dans le jardin de la maison du peintre à Auteuil en 1903. La séance a été interrompue par une averse passagère qui donna au compositeur cet "air de fromage blanc fatigué par les veilles" mais qui lui inspira la troisième pièce des "Estampes pour le piano" : "Jardins sous la pluie".

Claude Debussy, sa famille et ses amis

Emma Bardac (1862-1934), qui avait eu par son premier mariage deux enfants Raoul et Dolly, épouse en secondes noces Claude Debussy en 1908. Tous deux s’installent dans l’hôtel particulier de l’avenue du Bois de Boulogne et ont une fille Claude-Emma dite Chouchou (1905-1919) à qui Debussy vouait une "immense admiration".

Claude-Emma, surnommée Chouchou par son père, est l'unique enfant de Claude Debussy. Née le 30 octobre 1905 de sa relation avec Emma Bardac, qu'il épouse en seconde noce le 20 janvier 1908, elle décède d'une diphtérie mal soignée à l'âge de 14 ans, le 16 juin 1919.

Apparemment rencontré pour la première fois chez Stéphane Mallarmé en 1890, Pierre Louÿs (1870-1925), poète et écrivain, fut l'un des amis les plus intimes de Claude Debussy. D'une complicité extraordinaire tant intellectuelle qu'artistique, de 1893 à 1905, ils envisagent plusieurs projets de collaboration. Seules les "Chansons de Bilitis" seront menées à terme, à l'initiative du compositeur.

Claude Debussy (1862-1918) et Erik Satie (1866-1925) se sont rencontrés à l'Auberge du Clou ou au Chat noir en 1891. Leur amitié, à la fois douce et admirative bien qu'orageuse parfois, durera plus de 25 ans. Debussy, qui appréciait la palette restreinte mais pure de celui qu'il considérait comme "un musicien médiéval et doux, égaré dans ce siècle", a orchestré deux "Gymnopédies", seule oeuvre d'un autre compositeur à laquelle il ait spontanément collaboré.

Monuments commémoratifs à la gloire de Claude Debussy

Après le décès de Claude Debussy en 1918, un comité de musiciens commande un monument commémoratif à Henry de Groux. Le peintre-sculpteur belge avait déjà dessiné le portrait du compositeur au pastel, quand ils s’étaient connus dans les milieux symbolistes. De l’étude du monument, il subsiste un buste sans doute inspiré d’un portrait photographié (bronze, 1919, Bibliothèque-musée de l’Opéra) ainsi que ces deux esquisses au fusain et une maquette en plâtre, issues du fonds d’atelier. Le format le plus petit des deux dessins, vraisemblablement antérieur à l’autre selon Rodolphe Rapetti, rend davantage compte d’un tableau pictural : une farandole endiablée de Sirènes inspirées de celles des Nocturnes (1894) occupe la totalité de la surface de la feuille. Le second projet propose une composition pyramidale plus concentrée, réduite à quelques figures dont celle de Debussy, théâtral, simulé en "un jeune dieu barbu, exultant une force dionysiaque"
. Le plâtre, conservé en mains privées, ne remporte pas l’adhésion du comité ; le projet est abandonné en 1920.

Bourdelle tarde à répondre à la demande d’un comité dirigé par Maurice Denis et Paul Astruc d’ériger un monument commémoratif local en l’honneur de Claude Debussy à Saint-Germain-en-Laye, prévu "à l’angle des rues de Lorraine et de Metz". Il propose finalement en 1929, quelques mois avant sa mort, un monument qu’il avait déjà modelé en 1907-1908 et présenté au salon d’Automne de 1910 intitulé "Faune et chèvre, l’art pastoral", en raison de son rapprochement iconographique avec "Le Prélude à l’après-midi d’un faune" : un aegyptan joufflu, assis sur un rocher escarpé, souffle dans une double flûte avec verve tandis qu’une chèvre se frotte contre son dos et qu’une autre se blottit au coin du rocher. Le projet ne sera jamais remis à la ville.

Ayant échoué avec Bourdelle, le comité demande dès 1929 à Aristide Maillol d’ériger un monument commémoratif en l’honneur de Claude Debussy à Saint-Germain-en-Laye. La sculpture diffère des modèles précédents : il s'agit d'une muse accroupie, en référence à "La Vénus antique" et à la photographie prise par Adolf de Meyer du danseur Nijinsky dans "L’Après-midi d’un faune" de 1912. Maillol se détourne de l’anecdote pour se limiter à la seule représentation d’un corps féminin "silencieux et sans sujet" ; il s’agit là d’un "art de la synthèse" qui privilégie le point de vue unique, la simplicité des plans, la beauté et l’harmonie dans la matière, l’idéalisation d’un visage sans expression. La sculpture a longtemps été érigée sur un haut piédestal dans le Jardin des arts.

Claude Debussy, compositeur

Claude Debussy est déclaré Premier grand prix de Rome au concours de Rome le 28 juin 1884 avec la cantate "L'Enfant prodigue". Le jury considéra son oeuvre comme dotée d'un "sens poétique très marqué, coloris brillant et chaud, musique vivante et dramatique". La photographie, dédicacée à ses parents, a été prise à la villa Médicis lors de la première année du séjour de 3 ans du compositeur. Il est assis sur la balustrade, au milieu des autres pensionnaires, toute discipline confondue.

Costume que portait Claude Debussy lorsqu'il dirigait des orchestres pour l'exécution de ses oeuvres lors de ses dernières tournées en Europe. L'étole lui a été offert par le Concertgebow après sa direction d'un concert à La Haye (28 février) puis à Amsterdam (1er mars) en 1914.

Sergei Koussevitzky (1874-1951), contrebassiste et chef d’orchestre fonde en 1909 son propre orchestre symphonique de Moscou. Il décide Claude Debussy en 1913 de venir diriger des concerts de son orchestre à Moscou et à Saint-Pétersbourg et lui offre ce sous-main, avec une dédicace à l'intérieur, pendant la tournée en Russie.

Le bureau de Claude Debussy

Claude Debussy est séduit par l'art japonais qui inonde le marché européen, comme celui des arts de l’Extrême-Orient apparu aux Expositions universelles de 1855 et de 1878, ainsi que par l'apport de grands connaisseurs tels Théodore Duret. Il acquiert aussi bien estampes, céramiques, meubles ou porte-plume et pot à pinceau de bambou à la Maison des bambous à Paris. A ce titre, le peintre Henry Lerolle a probablement dessiné sur les instructions du compositeur, une table d’esprit japonisant. Claude Debussy avait en effet choisi de travailler sur un simple plateau de chêne, posé sur quatre pieds à entretoises, le tout évoquant l’architecture de bois japonaise.

Presse papier japonais du 19ème siècle que Claude Debussy a surnommé "Arkel", en référence au roi d'Allemonde, grand père de Pelléas dans "Pelléas et Mélisande" qu'il composa entre 1893 et 1902, d'après la pièce homonyme de Maurice Maeterlinck. Objet fétiche, ce crapaud en chêne, les deux pattes repliées sous un estomac ventripotent, trônait sur son bureau avenue du Bois de Boulogne et partait parfois avec lui lors de ses voyages.

Claude Debussy possédait cet encrier. Réalisé au milieu du 19ème siècle, il associe un porteur endormi sur son ballot en porcelaine chinoise de Nabeshima du début 18ème siècle avec une petite bouteille à encre, le tout positionné sur un socle en porcelaine blanche serti d'une monture en bronze dans le style du Second Empire.
L'adaptation d'un objet d'Extrême-Orient à monture européenne était une pratique courante.

Cette lampe aurait été achetée pour Claude Debussy chez le marchand Bing à Paris. A la lumière de celle-ci, il aurait composé l'opéra "Pelléas et Mélisande". En 1904, elle appartient à Lilly Debussy, première épouse du compositeur avant de faire partie de la collection du compositeur et musicologue Emile Vuillermoz.

Claude Debussy possédait, dans le bureau de sa demeure avenue du Bois de Boulogne, ce panneau de laque rehaussée de nacre et d'or signé Nanzhou (continent du sud) où deux carpes nagent sous un saule pleureur. Symbole de longévité et motif favori des artistes du Japon, ce panneau est probablement issu d'un meuble japonais du 19ème siècle démonté puis monté dans un cadre de bois de style chinois. Cela répond à l'engouement pour le japonisme divulgué en Europe occidentale depuis la participation du Japon aux expositions universelles et à la possibilité des échanges commerciaux. Probablement l'un des objets les plus chers au compositeur, il lui inspire en 1907 la troisième pièce du deuxième livre des Images pour piano : "Poissons d’or".

Credits: Story

Maison natale Claude-Debussy
38 rue au Pain
78100 Saint-Germain-en-Laye
Information : 01 30 87 20 63
musee.claudedebussy@saintgermainenlaye.fr
www.saintgermainenlaye.fr

Ouvert du mardi au vendredi, 14.00-18.00,
samedi, 15.00-19.00,
dimanche, 15.00-18.00.
Uniquement les samedi-dimanche du 15 juillet au 19 août.
Sauf jours fériés.

-Tarif normal: 5€
-Tarif réduit : 3€ (-de 26 ans, demandeur d'emploi, personne en situation de handicap, groupe à partir de 10)
-Gratuit (-de 12 ans, guide-conférencier, membre de l'ICOM, du ministère de la culture et journaliste sur présentation d'une carte, accompagnant de personne en situation de handicap)

Gratuit pour tous le premier dimanche du mois, hors animations

Visites guidées
Ateliers pédagogiques
Saison musicale

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