Parcours thématique : sculptures

Musée des Beaux-Arts de Lyon

Première collection de sculptures en région, ce parcours vous permet de découvrir les ensembles exceptionnels de plusieurs artistes majeurs, parmi lesquels Auguste Rodin Joseph Chinard, Antoine Bourdelle, Aristide Maillol ou Joseph Bernard.

Persée et Andromède 
Joseph Chinard, vers 1791, terre cuite

Ce groupe sculpté illustre un épisode mythologique relaté dans Les Métamorphoses d’Ovide.

Après que sa mère Cassiopée ait imprudemment prétendu rivaliser en beauté avec les Néréides...

... la belle princesse Andromède, sa fille, doit être offerte comme proie à un monstre marin en expiation de ces propos.

Le héros Persée vole à son secours pour la sauver et tue le monstre.

Il la délivre ici de ses chaînes, avant de l’épouser.

Le sculpteur lyonnais Joseph Chinard conçoit une première version de cette œuvre à Rome, où il se rend pour parfaire sa formation, lors d’un concours organisé en 1786.

Les participants devaient modeler en terre cuite, dans un temps imparti, un groupe de deux figures illustrant un sujet tiré au sort par le jury.

Joseph Chinard emporte les suffrages par cette réalisation, démontrant sa capacité à traiter le nu et le drapé ...

... et parvenant à intégrer éléments de décor et accessoires à sa composition.

Un exemplaire en marbre demeuré inachevé se trouve également dans les collections du musée.

Léda
Jean François Legendre-Héral, 1820-1830, marbre

Le sujet de cette œuvre est tiré de la mythologie grecque. Léda, fille du roi d’Étolie et épouse du roi de Sparte, est séduite par Zeus qui prend l’apparence d’un cygne. De leurs amours naîtront deux enfants, Hélène et Pollux.

L’artiste sculpte ici le moment où le roi des dieux, transformé en volatile, tente de charmer la jeune femme.

Cette œuvre allie une retenue classique, inspirée de la sculpture antique, à un jeu de courbes virtuoses.

Audioguide à mettre

En 1818, Legendre-Héral devient professeur de sculpture, mais part dès 1820 en voyage à Rome et Paris, pour parfaire sa formation.

En échange de la bourse que lui octroie la Ville de Lyon, l’artiste s’engage à lui fournir, pour le musée, deux œuvres, dont Léda.

Odalisque
James Pradier, 1841, marbre

Cette jeune femme nue, assise à même le sol et dont le vêtement a glissé à terre, est une représentation d’odalisque.

Dérivant du turc odalik, ce terme désigne une femme vivant dans un harem au service du sultan dans l’empire ottoman.

Son turban et l’éventail de plumes qu’elle tient évoquent le monde de l'Orient tel qu'il est imaginé par l'artiste.

James Pradier reste ici en partie fidèle à la tradition classique en choisissant pour sujet un nu féminin s’inspirant des Vénus antiques...

... associé à un travail raffiné du poli du marbre tandis que les traits du visage semblent parfaits.

Cependant, il sait aussi innover et surprendre en bousculant certains canons de représentation de la femme...

Elle est ainsi montrée assise à même le sol, rompant avec les normes de bienséance de la sculpture classique ...

... Elle s’affiche dénudée et lascive et interpelle par sa présence et par un corps à la fois idéal et réaliste.

Lion au serpent
Antoine Louis Barye, 1832, plâtre

Antoine Louis Barye se passionne dès sa jeunesse pour le dessin d’animaux, en particulier les fauves. Grâce à son sens du détail et ses capacités d’observation de la nature, il crée des sculptures animalières fort remarquées dès le Salon de 1831.

Cet animal sauvage, qui écrase sous sa patte massive un reptile qui ne peut lui échapper, frappe par son réalisme.

L’artiste s’attache à rendre avec fidélité l’impressionnante musculature de l’animal et les mouvements de son pelage.

La scène, animée par un profond sentiment de violence, est pourtant inventée : Barye n’a jamais fait de voyage en Orient et n’a pu voir de lions qu’à la ménagerie du Jardin des Plantes, à Paris.

C’est par son sens de l’observation et du détail qu’il parvient à créer une œuvre pleine de vitalité, hautement expressive.

Écoutez l'audio guide spécial enfants du Lion au serpent

Cette sculpture sera transcrite en bronze et placée dans le jardin des Tuileries à Paris jusqu’en 1911. Elle est aujourd’hui conservée au musée du Louvre.

Caïn et sa race maudits de Dieu
Antoine Étex, 1932-1939, marbre

Le sculpteur Antoine Étex s’est inspiré pour cette œuvre de l’histoire biblique de Caïn, le fils d’Adam et Ève, maudit par Dieu pour avoir tué son frère Abel. Pour le punir, il est chassé de sa terre fertile et contraint à errer sur la terre avec sa famille.

Par le choix de ce sujet, magnifié ici par la dimension colossale de ce groupe taillé dans le marbre ...

l’artiste exprime le sentiment tragique de la destinée humaine ...

... renforcé par la composition pyramidale et la puissance des formes qui s’inspirent de Michel-Ange.

En 1833, le jeune artiste expose le modèle en plâtre de cette œuvre au Salon parisien, il obtient un véritable triomphe qui le consacre comme l’un des chefs de file de cette nouvelle école romantique en sculpture.

Pourquoi cet homme paraît abattu et désespéré ?
Persée et la gorgone
Laurent Honoré Marqueste, 1875-1890, marbre

L'artiste relate ici une scène violente, tirée de la mythologie. Persée s’apprête à décapiter la Gorgone, cette jeune femme transformée en monstre par Athéna car elle avait osé défier sa beauté.

Le mythe de Méduse la Gorgone...

Méduse gît au sol, hurlante, le regard plein de rage. Persée, portant des armes données par les dieux, la retient par les cheveux malgré les serpents qui l’attaquent.

Calme, Persée prend appui sur sa jambe droite et se penche vers son ennemie.

Cette position presque maniériste fait apparaître sa délicate mais solide musculature.

C’est là un groupe d’une grande finesse d’exécution, notamment dans le poli du marbre, qui témoigne d’une observation méticuleuse des œuvres que l'artiste a pu étudier en Italie, aussi bien antiques que modernes.

Marqueste expose d'abord la version en plâtre de ce groupe au Salon de 1876 et reçoit un chaleureux accueil.
Ce marbre sera achevé 14 ans plus tard et acheté par l'État.

La Tentation de saint Antoine
Auguste Rodin, avant 1900, marbre

Sur le corps recroquevillé d'un homme vêtu d'une épaisse robe de bure, une femme nue s'étire avec sensualité.

Le visage contre le sol, le moine embrasse frénétiquement la croix pour échapper à la tentation de la chair. La tradition raconte que saint Antoine, retiré dans le désert, était hanté par la vision de femmes tentatrices.

Qui est saint Antoine ?

Rodin a joué sur l'opposition entre le corps fermé et tourmenté du saint et le corps nu de la femme voluptueusement renversée et offerte.

Le religieux est presque totalement dissimulé sous son vêtement grossier, la tête couverte de la capuche.

Les plis du vêtement témoignent de sa tension, les traits du visage pressé sur la croix de son combat intérieur.

La femme est un corps lumineux sans âme. Les différents traitements du marbre, qui sont comme un rappel des étapes de la création, renforcent cet antagonisme.

Sur la terrasse à peine dégrossie, presque brute, Rodin a rendu la rugosité de l'étoffe de laine - et du personnage - par les traces d'outil.

Le poli du marbre blanc, jouant avec la lumière et les courbes, est réservé au corps de la femme.

Monument aux morts
Albert Bartholomé, 1895-1899,  plâtre

Ce gigantesque haut-relief disposé sur deux niveaux rappelle certains tombeaux antiques, adoptant la forme d'un mastaba égyptien.

"Mastaba" est un mot arabe signifiant « banc ». Il désigne un monument funéraire égyptien de forme rectangulaire dont les pans sont légèrement inclinés.

Le passage de la vie à la mort est évoqué au registre supérieur : autour du couple, symbole de l'humanité, qui franchit la porte de la nuit éternelle.

Deux groupes de sept figures expriment « la protestation de l'être contre la destruction finale ».

En bas, deux gisants en travers desquels est jeté un enfant figurent la mort.

Sur eux, une jeune femme incarnant « l'Esprit de vie et de lumière » étend les bras en un geste de bénédiction et de résurrection.

Elle symbolise l’espoir, comme pour illustrer l'inscription qui donne son sens au monument : « sur ceux qui habitaient le pays de l'ombre une lumière resplendit. »

Écartant tout réalisme macabre comme toute conviction religieuse trop précise, Bartholomé s'efforce d'atteindre l'universel et aborde l’au-delà dans un contexte resté laïc.

D'une facture épurée, son œuvre se caractérise par une grande clarté dans les formes et les attitudes...

Ce Monument aux morts aura une grande influence sur la génération des sculpteurs du début du 20e siècle.

Le 1er novembre 1899, au cimetière du Père Lachaise à Paris, est dévoilé le Monument aux morts sculpté par Albert Bartholomé.
Le succès est immédiat et 98 000 visiteurs se pressent en cette seule journée de la Toussaint.
Photo de Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons / CC BY-SA 3.0

C'est alors l'un des monuments les plus célèbres dans toute l'Europe. L’artiste avait commencé de concevoir son œuvre dès 1889.

Tendresse
Joseph Bernard, vers 1910-1912, marbre

Deux jeunes gens sont tendrement enlacés. Assis sur un bloc à peine dégrossi, l'homme tient la jeune fille sur ses genoux.

Elle étreint la tête de son compagnon rapprochant ainsi son visage du sien en un confiant abandon.

Des corps nus aux formes lisses émane une profonde sensualité. La draperie qui couvrait la jeune femme a glissé entre eux.

La lumière jouant sur le délicat modelé du marbre conforte toute la suavité du moment.

Le groupe évoque le célèbre Baiser de Rodin. Mais l’artiste s'exprime à travers le langage nouveau de la taille directe, dont il est considéré comme le restaurateur en France au début du 20e siècle.

Ce choix visait à retrouver par souci de sincérité, la vocation première de la sculpture, celle de la taille, alors que la part des sculptures réalisées au 19e siècle en marbre ou en pierre n’étaient pas taillées par le sculpteur lui-même : l’artiste créait un modèle en terre ou en plâtre et confiait à un praticien le soin de le transcrire en marbre.

Vénus au collier
Aristide Maillol, 1918-1928, bronze

La Vénus au collier naît lentement des mains de Maillol, après le triomphe de La Méditerranée au Salon d’Automne de 1905.

Ce nu féminin, dont les surfaces lisses et courbes rendent la silhouette harmonieuse, est exposé au Salon d’Automne de 1928 et reçoit un succès unanime.

Ce détail modifie considérablement le sens de l’œuvre, puisque sa posture et son geste deviennent tout à coup très abstraits.

Dans les années 1950, le collier de bronze de la Vénus fut retiré parce que cet accessoire ne correspondait plus au goût de l'époque.

Héraklès tue les oiseaux du lac Stymphale
Antoine Bourdelle, 1924, bronze, partiellement doré

Antoine Bourdelle choisit ici de représenter le sixième des douze travaux d’Hercule. Le héros grec devait tuer les oiseaux carnassiers, se nourrissant de chair humaine, qui infestaient le lac Stymphale.

Pour expier le meurtre de son épouse et de ses fils, commis dans un moment de folie, Héraklès est contraint de réaliser 12 travaux presque impossibles...

Pour créer son personnage, Bourdelle demande à un officier à la musculature développée de poser. Celui-ci accepte à la condition que l’on ne puisse pas le reconnaître.

L’artiste modèle alors plusieurs esquisses, abandonnant peu à peu le réalisme pour aboutir à un corps très anguleux, quasi-géométrique.

Reprenant un procédé de Rodin, l’un de ses maîtres, Bourdelle réemploie une Tête d’Apollon créée antérieurement (1898-1909) pour remplacer le visage du militaire.

Une forte tension traverse ce groupe : le héros bande son arc et prend appui de son pied gauche sur un rocher. Cette position active fait davantage ressortir sa musculature

La Folle danseuse
Hendrik Wouters, 1909-1912, bronze

Après avoir assisté à l’une des représentations d’Isadora Duncan, une danseuse qui révolutionna son art, Wouters fit poser son épouse et modèle Nel pour créer cette figure.

Il tenta de traduire le mouvement et les émotions si caractéristiques qui se dégageaient de la performance d’Isadora Duncan.

Par sa position, ses lignes très marquées, ainsi que son modelage qui tend à déformer le corps, cette statue peut être reliée à l’expressionnisme, dont Wouters fut aussi l’un des acteurs en peinture.

Cette œuvre est l’une des rares de cet artiste à figurer dans les collections publiques françaises.

Credits: Story

Musée des Beaux-Arts de Lyon
Réalisation : Stéphane Degroisse et Margot Adnet - service communication, Stéphane Paccoud - conservateur en chef des peintures et des sculptures XIXe siècle.
Photos : © MBA Lyon - Alain Basset

Credits: All media
The story featured may in some cases have been created by an independent third party and may not always represent the views of the institutions, listed below, who have supplied the content.
Home
Explore
Nearby
Profile