La Monnaie de Paris : 12 siècles d’excellence

“La
monnaie est un vecteur de tradition et d’innovation, à la fois rassurant et
étonnant, détonnant même car il ne saurait y avoir de créativité contemporaine
sans audace, un gage de modernité et d’élégance”

Vue du Louvre et de l'Hôtel de la Monnaie, Peinture de P.A Demachy, 1783, Provenant de la collection : Monnaie de Paris
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Vue du Louvre et de l'Hôtel de la Monnaie vers 1783

La Monnaie de Paris est fondée en 864 par Charles  le  Chauve. L’Edit de Pitres promulgué cette année là en fait la plus ancienne entreprise du monde.

Elle exerce depuis 12 siècles la mission régalienne de frappe de la monnaie courante, aujourd’hui l’euro français.

La Monnaie de Paris, par son activité primordiale pour le pouvoir royal, a toujours été située non loin de la résidence des rois. D’abord localisée sur l’île de la Cité, à proximité du château des rois carolingiens puis capétiens, elle s’installe ensuite sur la rive droite de Paris, à côté du Louvre, nouvelle résidence royale et  lieu de conservation du trésor. Devenue trop vétuste et exigüe, elle est déménagée en 1775 sur la rive gauche de la Seine.

C’est Louis XV qui décide la construction du bâtiment actuel sur le quai de Conti, dans le  VIème arrondissement de Paris. Il confie la réalisation du palais sur Seine et de la manufacture royale à l’architecte Jacques-Denis Antoine. Les travaux de fondation débutent à la fin de 1769, tandis que la première pierre est posée le 30 avril 1771. La Monnaie de Paris est officiellement installée quai de Conti le 20 décembre 1775.

L’édifice, dont la vocation industrielle d’origine a été conservée jusqu’à nos jours, est la première grande construction à Paris sous le règne de Louis XV. Cet ensemble architectural a été parfaitement conservé sans altération importante en raison de son activité. 

Façade de la Monnaie de Paris, Photo: Gilles Targat, 2012, Provenant de la collection : Monnaie de Paris
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Façade de la Monnaie de Paris - 11 Quai de Conti 75006 Paris

Gravure représentant l'Hôtel de la Monnaie, Gravure de Charles Rivière, 1860, Provenant de la collection : Monnaie de Paris
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Hôtel de la Monnaie vers 1860

Splendide témoignage de l’architecture néoclassique, le Palais en bord de Seine épouse sur une longueur de 117 mètres la ligne du quai de Conti. Il est flanqué de deux ailes latérales entre la rue Guénégaud et l’impasse Conti. Sa façade majestueuse reste sobre et classique. Ce Palais classé  Monument Historique possède une majestueuse salle de réception, la plus grande enfilade de salons dans Paris donnant sur la Seine ainsi qu’un escalier d’honneur aux admirables proportions.

Derrière le Palais a été construite la manufacture dans laquelle l'activité industrielle s'articulait autour de la salle du Grand Monnayage où s’exerçait la frappe des monnaies, cœur de l’activité de l’institution. Les ateliers étaient organisés de manière rationnelle : les matières premières arrivaient par bateau quai de Conti ou par diligence rue Guénégaud. Elles étaient travaillées et façonnées dans les ateliers puis conditionnées dans des caisses afin d'être distribuées dès leur sortie de la manufacture par la Cour donnant sur l'impasse de Conti. Les savoir-faire uniques issus de cette activité sont encore pratiqués aujourd'hui.

Salon d’Honneur Guillaume Dupré, Photo: Gilles Targat, 2012, Provenant de la collection : Monnaie de Paris
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Salon Guillaume Dupré - Quai de Conti

Plan à rez-de-chaussée de la Monnaie de Paris, Monnaie de Paris, Provenant de la collection : Monnaie de Paris
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Plan de masse de la Monnaie de Paris par Jacques-Denis Antoine - Quai de Conti

Usine de Pessac, Photo: Jean-Jacques Castaing, 2012, Provenant de la collection : Monnaie de Paris
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Usine de Pessac

En 1973, la Monnaie de Paris décentralise la frappe des monnaies courantes à Pessac, dans le sud-ouest de la France, en raison de la forte croissance de cette activité atteignant aujourd’hui 9 millions de pièces par jour. Ce nouvel établissement s’inscrit dans une logique industrielle de regroupement sur une même localisation des fabrications monétaires – y  compris les fabrications monétiformes (“médailles-souvenir”).

Usine de Pessac, Photo: Jean-Christophe Ballot, 2012, Provenant de la collection : Monnaie de Paris
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Usine de Pessac

L’usine de Pessac est parfaitement représentative de la grande architecture d’Etat des années 1970. Des matériaux purs, stables et d’une grande fiabilité : béton décoffré pour les structures, plastique blanc pour les passerelles, tapis de sol oranges, grandes baies vitrées allant du sol à la corniche. 

Si les éléments et décors des années 70 ont été parfaitement conservés, le processus de production a, lui, évolué et les dernières innovations technologiques y ont pris place.

Pour garantir un service de qualité aux clients, l’usine abrite depuis 2010 un centre de recherche et développement. Reconnue pour ses savoir-faire, la Monnaie de Paris accueille aussi le Centre National d’Analyse des Pièces de Pessac (CNAP) et le Centre Technique et Scientifique Européen (CTSE), pour lutter contre la fraude et la contrefaçon.

"Les monnaies et médailles"

Sur son site historique, la Monnaie de Paris a conservé ses savoir-faire vieux de 12 siècles : fabrication de monnaies de collection, médailles, bronzes, décorations officielles et bijoux. Ces produits sont réalisés selon des savoir-faire ancestraux encore pratiqués par 150 ouvriers dont 50 artisans d’art.

Dessin du revers d'un centime d'euro, Auteur: Fabienne Courtiade, Photo: Jean-Jacques Castaing, 2002, Provenant de la collection : Monnaie de Paris
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Dessin d'un revers de centime d'euro

Atelier de gravure - Quai de Conti, Photo: Jean-Jacques Castaing, 2012, Provenant de la collection : Monnaie de Paris
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Report du dessin sur plâtre par un graveur

Atelier de gravure et fabrication des outillages par la technique du tour à réduire :



Le dessin de l’atelier de gravure est le point de départ de toutes les productions.

Ce dessin est reporté par un graveur sur un plâtre en creux et en revers.

Tour à réduire - Quai de Conti, Photo: Jean-Jacques Castaing, 2012, Provenant de la collection : Monnaie de Paris
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Le plâtre transformé en résine sert à la création de l'outillage de frappe via le tour à réduire

Atelier de gravure - Quai de Conti, Photo: Jean-Jacques Castaing, 2012, Provenant de la collection : Monnaie de Paris
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L’outillage est ensuite peaufiné directement à la main par un graveur.

Atelier des frappes spéciales:

Les pièces en métaux précieux (or et argent) sont essentiellement frappées à Paris à « l’atelier des frappes spéciales » et vérifiées une à une par les monnayeurs.



Chaque pièce fait l'objet de vérifications scrupuleuses avant et après la frappe par les monnayeurs. Leur qualité est mondialement reconnue comme irréprochable.

Atelier des frappes spéciales - Quai de Conti, Photo: Jean-Jacques Castaing, 2012, Provenant de la collection : Monnaie de Paris
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Atelier des frappes spéciales

Atelier d'estampage - Quai de Conti, Photo: Jean-Jacques Castaing, 2012, Provenant de la collection : Monnaie de Paris
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Atelier d'estampage où sont frappées les médailles

Atelier d'estampage:

Les médailles sont produites par l'atelier d'estampage. Elles font l'objet de plusieurs frappes entre lesquelles elles doivent être recuites dans des fours (900 degrés). Ces opérations peuvent être répétées jusqu'à 8 fois. 

Les médailles sont ensuite détourées puis patinées pour leur apporter leur apparence finale.

Atelier de monnayage des monnaies courantes à Pessac :

Dans l’usine de Pessac, les monnaies courantes sont frappées par des « presses » dont la capacité de frappe de chacune atteint 850 coups à la minute.

En plus des euros des Français, la Monnaie de Paris réalise à Pessac les pièces de nombreux pays du monde: Sultanat d'Oman, Tunisie, Thaïlande, Banque Centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest, Guatemala, Uruguay... 

Atelier de monnayage - Usine de Pessac, Photo: Jean-Jacques Castaing, 2012, Provenant de la collection : Monnaie de Paris
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Usine de Pessac

Atelier de monnayage - Usine de Pessac, Photo: Jean-Jacques Castaing, 2012, Provenant de la collection : Monnaie de Paris
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Usine de Pessac

"Les  décorations officielles et bijoux


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La Monnaie de Paris fabrique également les décorations officielles telles que la Légion d’Honneur, l’Ordre National du Mérite, les Arts et Lettres…

Atelier d'émaillage - Quai de Conti, Photo: Jean-Jacques Castaing, 2012, Provenant de la collection : Monnaie de Paris
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Atelier de bijouterie, façonnage d'une médaille

Atelier d'émaillage et de bijouterie :



Comme pour les médailles, les décorations officielles sont avant tout frappées à l’estampage. Elles sont ensuite découpées, puis polies et assemblées à l’atelier de bijouterie.

L’émailleur dispose ensuite l’émail sur la surface métallique. Cet émail grand feu est un enduit vitreux diversement coloré qui se fixe par fusion sur le métal, lors d’un ou plusieurs passages au four.

Atelier de bijouterie - Quai de Conti, Photo: Jean-Jacques Castaing, 2012, Provenant de la collection : Monnaie de Paris
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L’atelier de bijouterie créé également des médailles de cou : ici, le bijoutier sertit un à un les diamants de chaque médaille.

Création d'une médaille de l'Ordre National du Mérite, Monnaie de Paris, 2013, Provenant de la collection : Monnaie de Paris
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Vidéo de présentation des étapes de création d'une médaille de l'Ordre National du Mérite

"La fonderie d'art

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La Monnaie de Paris abrite la dernière fonderie d’art en activité en plein cœur de Paris. Y sont réalisées des “fontes d’art” selon la technique ancestrale de la "cire perdue", ou bien celle dite du “V process” en laiton, en bronze, en argent ou en or massif. L’atelier de fonderie conserve plusieurs savoir-faire: modeleurs, fondeurs, ciseleurs et patineurs.

Fonderie d'art: coulée de métal - Quai de Conti, Photo: Jean-Jacques Castaing, 2012, Provenant de la collection : Monnaie de Paris
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Fonderie d'art

Fonderie d'art: coulée de métal - Quai de Conti, Photo: Jean-Jacques Castaing, 2012, Provenant de la collection : Monnaie de Paris
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Une fois le moule créé, une coulée de métal est réalisée.

Ciselure :

La ciselure permet de corriger les défauts de la coulée (suppression des évents et correction des contours) afin de donner au bronze sa forme finale.

Fonderie d'art: ciselure - Quai de Conti, Monnaie de Paris, 2012, Provenant de la collection : Monnaie de Paris
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Ciselure

Fonderie d'art: patine à chaud - Quai de Conti, Photo: Jean-Jacques Castaing, 2012, Provenant de la collection : Monnaie de Paris
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Patine à chaud

Patine à chaud :

Le patineur donne ensuite une coloration à la fonte  pour la magnifier et la protéger contre les outrages du temps.

"Le projet MétaLmorphoses

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Afin de faire découvrir ses patrimoines au public le plus large, tout en offrant un nouveau lieu de vie accueillant et ouvert sur la ville, la Monnaie de Paris s’est engagée dans un ambitieux projet de transformation de son site parisien : le projet MétaLmorphoses.

Il s’agit de rendre accessible l’ensemble du site de la Monnaie de Paris, soit 1,2 hectare en plein VIe arrondissement de Paris et de proposer une approche inédite du patrimoine à travers :

• Une nouvelle offre culturelle permettant de découvrir les ateliers d’art, ainsi que les trésors jusqu’ alors invisibles des collections de la Monnaie de Paris. Ce parcours permanent aura en écho des expositions temporaires d'art contemporain.

 

• Une nouvelle offre commerciale mettant en valeur les productions d’art et l’excellence de l’artisanat avec une nouvelle boutique Monnaie de Paris pour les arts du métal ; d’autres marques du Comité Colbert ainsi qu’un concept store viendront également s’installer.

• Une offre gastronomique sera proposée, avec deux espaces tenus par le chef français Guy Savoy : son restaurant trois étoiles de la rue Troyon sera transféré dans des salons du bord de Seine, et une brasserie, le « MétaLcafé », prendra place dans une des cours piétonnes de la Monnaie de Paris.

 

Le palais, la manufacture, ainsi que l’Aile Mansart de la Monnaie de Paris seront restaurés et dévoilés au public, devenant ainsi un lieu de découverte et de promenade, un lieu attractif de loisir et de culture, sur les bords de la Seine, classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.

MétaLmorphoses - Christophe Beaux, Monnaie de Paris, 2013-02-22, Provenant de la collection : Monnaie de Paris
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Vidéo de présentation du projet MétaLmorphoses

Crédits : histoire

Exhibition curator—Sylvie Juvenal

Crédits : tous les supports
Il peut arriver que l'histoire présentée ait été créée par un tiers indépendant et qu'elle ne reflète pas toujours la ligne directrice des institutions, répertoriées ci-dessous, qui ont fourni le contenu.
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